Les loups prospèrent à nouveau dans toute l’Europe occidentale. Est-il temps de les ramener au Royaume-Uni ?

Patrick Barkham - TheGuardian - 10/03
L'ancien éleveur de moutons Derek Gow a pour mission de réensauvager la Grande-Bretagne. Ayant changé de camp du mouton de l'équipe, il souhaite réintroduire son ennemi mortel… Par Patrick Barkham
Droit de déplacement : Canis lupus, le loup gris européen. Photographie : Christoph Bosch/Alay
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Droit de déplacement : Canis lupus, le loup gris européen. Photographie : Christoph Bosch/Alay

Les loups prospèrent à nouveau dans toute l’Europe occidentale. Est-il temps de les ramener au Royaume-Uni ?

L'ancien éleveur de moutons Derek Gow a pour mission de réensauvager la Grande-Bretagne. Ayant quitté l'équipe des moutons, il souhaite réintroduire son ennemi mortel...

De l’autre côté de la rivière Wolf et le long de plusieurs kilomètres de ruelles boueuses du Devon se trouve le repaire de Derek Gow. Dans une grange crépusculaire à l'arôme âcre, un imposant Écossais barbu est assis entouré de sa collection de crânes d'animaux, de castors empaillés, de blaireaux empaillés et d'oiseaux de proie. Une odeur nauséabonde particulière s'échappe de la tête d'un bouquetin accroché au mur. La grange porte le badge d'un centre éducatif, mais elle terrifierait certains visiteurs.

Cette scène gothique atteint son apogée quand – bang ! – un coup de feu est tiré à proximité. Gow a l'air détendu. « Elle ne tire sur rien », dit-il à propos de son agriculteur voisin. "C'est un pistolet à gaz, qui essaie d'effrayer une bande d'oies complaisantes."

Gow, un ancien éleveur de moutons, est devenu l'une des figures les plus remarquables de la conservation britannique. Après avoir travaillé dans divers zoos, il a commencé à élever des campagnols aquatiques en captivité il y a 25 ans. Depuis lors, en collaboration avec des groupes de conservation et des propriétaires fonciers, il a repeuplé les zones humides avec 25 000 mammifères hautement menacés. La « salle des campagnols » de sa ferme réensauvageée en produit encore 1 000 chaque année.

Aux côtés des campagnols, il a commencé à élever des castors pour des projets de réensauvagement clôturés à travers la Grande-Bretagne. Un certain nombre d'entre eux se sont échappés et forment désormais une population en plein essor vivant librement le long de la rivière Tamar, longue de 60 milles, entre le Devon et les Cornouailles. Au cours des 15 dernières années, d’autres castors se sont mystérieusement matérialisés dans les réseaux fluviaux du pays ; Gow nie que ce soit son œuvre, mais les castors sont à nouveau officiellement reconnus comme une espèce indigène. Après avoir écrit un livre populaire sur le retour du castor, cet ancien amoureux des moutons enchaîne avec un livre sur l'ennemi mortel du mouton et le candidat le plus controversé au retour en Grande-Bretagne : le loup.

Lors de conférences de réensauvagement, de doux défenseurs de l’environnement diront à Gow : « Nous ne sommes pas ici pour parler du loup. » "Pourquoi?" demande-t-il maintenant. « De toute façon, les opposants au réensauvagement vous détestent. Vous ne parviendrez jamais à convaincre ces gens.

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L'homme-loup du Devon : Derek Gow dans sa grange, entouré de sa vaste collection de crânes et d'animaux empaillés. Photographie : Léon Foggitt/The Observer

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