Rebelle, reine, guerrière, veuve, mère, femme : Boadicée endossa de nombreux rôles tout au long de sa vie... et pourtant, elle n'est citée que dans deux sources historiques, toutes deux écrites par des historiens romains. En 60 après J.-C., elle aurait pris la tête d'un soulèvement qui lui a non seulement assuré une place de choix dans l'Histoire, mais a aussi révélé les complexes relations des Romains envahisseurs avec le peuple breton (Britannia en latin), habitants de la province romaine qui, du 1er au 5e siècle, couvrait une partie de l'île de Grande-Bretagne.
L'œuvre de l'historien romain Tacite (début du 2e siècle) est l'une des deux seules sources écrites connues sur Boadicée. L'autre est l'œuvre de l'historien Dion Cassius (3e siècle). Chacun fournit des détails sur le soulèvement breton : les causes, les personnages principaux, les victoires et les défaites. Ces événements sont traditionnellement datés de 60 à 61 après J.-C. Des recherches récentes suggèrent cependant que la révolte a peut-être pris fin à la fin de l'an 60, car les informations contenues dans les tablettes romaines récemment mises au jour indiquent que Londinium (Londres moderne) était à nouveau un carrefour commercial florissant.
Boadicée exhorte les Bretons à défendre leur pays contre les envahisseurs romains.
William Sharp, à partir d'une gravure de Thomas Stothard, National Portrait Gallery, Londres
Les deux auteurs offrent à leurs lecteurs des perspectives bien différentes sur cette révolte. Tacite présente les deux côtés de l'histoire en décrivant les provocations endurées par les Bretons. Bien que lui-même membre de l'élite romaine, Tacite n'était pas un fervent défenseur de la dictature et la rébellion lui servit de prétexte pour remettre en question la manière dont la province était gérée.
Mais seul Dion Cassius a brossé un portrait de Boadicée :
Buduica [sic], une femme bretonne de la famille royale qui possédait une plus grande intelligence qu'il n'est souvent donné de voir chez une femme. [...] Grande, terrible à voir et dotée d'une voix puissante. Des cheveux roux flamboyants lui tombaient jusqu'aux genoux, et elle portait un torque d'or, une tunique multicolore et un épais manteau retenu par une broche. Elle était armée d'une longue lance et inspirait la terreur à ceux qui l'apercevaient.
La tête de Claude a été séparée de sa statue par les rebelles à Camulodunum. En 1907, elle a été découverte dans une rivière. British Museum, Londres
Dans son récit, l'auteur romain recrée le moment où la reine guerrière parla avec force à son contingent de 120 000 personnes. Debout sur une plate-forme, saisissant une lance, ses cheveux retombant en cascade sur ses hanches, elle exhorta son peuple de s...
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