L’Alliance des États du Sahel : un projet confédéraliste en questions

Christian Bouquet - LePoint - 04/03
ANALYSE. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé la création d’une nouvelle organisation régionale, et quitté la Cedeao. Quelles en sont les conséquences ?

Dans un contexte régional ouest-africain chaotique, trois pays dirigés par des juntes militaires ont décidé, le 16 septembre 2023, de créer l'Alliance des États du Sahel (AES), qui doit aboutir à la mise en place ultérieure d'une confédération.

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Il s'agissait de répondre à l'hostilité générale des États voisins (et de la communauté internationale) face à la succession de coups d'État qui avait marqué la sous-région. Ainsi se dessinait sur la carte une nouvelle entité territoriale regroupant à l'intérieur d'une seule frontière le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

L’Alliance des États du Sahel (AES) en 2023.  © Christian Bouquet

Précédents historiques

Ce redécoupage géographique a remis en mémoire d'autres tentatives plus anciennes. On pense d'abord, avant les décolonisations, au projet de l'OCRS (Organisation commune des régions sahariennes) qui avait été mis en place par la loi du 10 janvier 1957 sur les parties sahariennes de l'Algérie, du Niger, du Soudan français (actuel Mali) et du Tchad. Il s'agissait de reconnaître la spécificité de ces régions, majoritairement peuplées de nomades irrédentistes, qui avaient appuyé l'initiative du gouvernement français par une pétition datée du 30 octobre 1957 exigeant qu'ils ne soient pas placés « sous une autorité émanant du Maghreb ou de l'Afrique noire ».

L’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS) en 1958. © Christian Bouquet

Cette lettre, signée par plus de 300 notables issus pour la plupart de la région de Tombouctou, avait ensuite été transmise le 30 mai 1958 au général de Gaulle, qui avait validé l'idée de l'OCRS mais n'avait pas pu la maintenir au-delà des accords d'Évian reconnaissant l'indé...
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