Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°925, daté mars 2024.
"Une grave erreur sanitaire." Voici la mise en garde faite en octobre 2023 par l'Académie nationale de médecine à l'idée d'une légalisation du cannabis en France. Les spécialistes ont rappelé que si les vertus thérapeutiques du cannabis restaient peu étayées, la toxicité de sa principale composante psychotrope, le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol), était, elle, "parfaitement établie ".
Pendant longtemps, le cannabis a été considéré avec indulgence en comparaison de drogues qualifiées de "dures". Notamment parce que sa consommation n'entraîne pas de mort par overdose, contrairement à l'héroïne ou à la cocaïne. C'est terminé. Le recul offert par la légalisation de la consommation de cannabis dans de nombreux États depuis une décennie, dont 24 aux États-Unis représentant la majorité des Américains, a permis de mettre sous le feu des projecteurs les effets délétères du cannabis dit récréatif.
Après avoir fumé les feuilles ou les fleurs de la plante sous forme de joint, le THC qu'elles contiennent gagne le sang puis le cerveau en quelques minutes. Les propriétés hallucinogènes de ce cannabinoïde se révèlent alors. "Parmi ses nombreux effets, il stimule comme les autres drogues la libération de dopamine dans le circuit de la récompense situé au centre du cerveau, ce qui procure une sensation gratifiante de bien-être ", précise Alain Dervaux, professeur de psychiatrie et d'addictologie aux hôpitaux Barthélemy-Durand à Étampes et Paul-Brousse à Villejuif. Il va aussi agir sur l'amygdale, centre de la mémoire émotionnelle et sur les cortex préfrontal et frontal, sièges de la réflexion et de la planification.
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