Vus comme des monstres ou comme des génies du mal, ils peuplent notre imaginaire et nos fictions. Tony Montana, Hannibal Lecter, Dexter Morgan… Ces personnages sont décrits comme des psychopathes, des tueurs aussi fascinants que terrifiants. Pour autant, tous les psychopathes sont-ils de dangereux criminels capables de meurtres sadiques? Rien n'est moins sûr, car cela reviendrait à nier la complexité de ce trouble de la personnalité.
Lors son audition publique «Prise en charge de la psychopathie» à la Haute Autorité de santé (HAS) en 2005, le professeur de psychologie Serge Lesourd déclarait: «Je n'utiliserai le terme “psychopathies” qu'au pluriel, car la lecture de la littérature comme ma pratique clinique font penser que, sous ce vocable, se dissimulent plusieurs formes psychopathologiques.» La psychopathie recouvre néanmoins une réalité qu'il faut définir. Une définition tout d'abord en creux, il ne s'agit pas d'une maladie mentale ou psychiatrique mais d'un trouble de la personnalité.
Cette différence n'est pas neutre. La personnalité définit la partie stable et les caractéristiques durables dans le psychisme d'un individu. Elle détermine la manière dont cet individu interagit avec le monde qui l'entoure ainsi qu'avec les autres personnes, mais aussi la manière dont lui-même perçoit ses propres émotions, ses propres cognitions. Lorsque quelqu'un a une personnalité que l'on appellera problématique ou pathologique, il fait preu...
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