« Nous n’allons pas lâcher l’affaire », martèle le juriste Jean-Pierre Massias, président de l'Institut francophone pour la justice et la démocratie Louis Joinet (IFJD), lors de son discours dans la salle Victor Hugo de l’Assemblée nationale, ce 1er février 2024. Invité par le groupe Gauche démocrate et républicaine, l’Institut spécialisé dans la justice transitionnelle présentait son rapport sur les « homes indiens » en Guyane française – neuf pensionnats catholiques qui, entre 1935 et 2023, ont interné 2 000 enfants amérindiens.
Sous couvert de dispenser une éducation religieuse, ces pensionnats – ou « homes indiens » – participaient à l’assimilation forcée et à l’effacement de l’identité des peuples autochtones amérindiens et des bushinengé.
Un pan de l’histoire coloniale resté dans l’ombre, ou presque. Jusqu’à ce qu’en septembre 2022, une journaliste, Hélène Ferrarini, publie un livre-enquête : « Allons enfants de la Guyane – éduquer, évangéliser, coloniser les Amérindiens dans la République ». « Mon travail visait à consolider les bases historiques et répondre à des questions pour avoir une vue d’ensemble car nous étions face à un vide historique », explique la journaliste lors de la présentation du rapport de l’IFJD, le 1er février.
Pour Massias, cheville ouvrière de l’Institut, « il nous appartenait de nous emparer de ce sujet ». « Il y a des raisons importantes et urgentes de mettre en place une enquête approfondie, qui tende vers une commission vérité et réconciliation, au vu des témoignages qui révèlent des violences et tr...
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