Tel un Tardis dramatique, la pièce d’Henrik Ibsen sur les lanceurs d’alerte, le pouvoir enraciné et le populisme traverse 142 ans et atterrit sur les principes meurtris d’aujourd’hui. Le formidable Matt Smith joue dans une refonte moderne et dynamique de An Enemy of the People du réalisateur Thomas Ostermeier de la Schaubühne de Berlin (version anglaise de Duncan Macmillan). La production peaufine le féminisme d’Ibsen et éclaire avec humour certains coins sombres. Il s’agit d’une interprétation urgente mais tendancieuse d’une pièce ambivalente.
Santé publique contre sécurité économique. Ouverture institutionnelle contre dissimulation et manipulation. Les préoccupations centrales d’Ibsen ne pourraient guère être plus d’actualité. Le Dr Stockmann (Smith) découvre que l'approvisionnement en eau des bains municipaux est pollué. Les arguments en faveur de la fermeture sont évidents et Stockmann bénéficie du soutien enthousiaste des journalistes – jusqu’à ce que son frère, un responsable du gouvernement local, affirme que la fermeture détruira la nouvelle prospérité de la ville. Les nouvelles de contamination disparaissent.
L’action avance, principalement aidée par des touches de modernisa...
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