Les accusés « ne peuvent pas porter le poids de l’absence du terroriste ». La défense l’a répété en réclamant des acquittements, sinon la clémence, au procès des attentats des Carcassonne et Trèbes, qui s’achève ce vendredi 23 février 2024. L’accusation l’a souligné aussi dans ses réquisitions, consciente du « décalage » entre les « attentes » des parties civiles, victimes et familles endeuillées, et la « réalité judiciaire » du dossier examiné depuis le 22 janvier à Paris.
Le parquet national antiterroriste a demandé des peines allant jusqu’à onze ans de prison à l’encontre des six hommes et une femme jugés par la cour d’assises spéciale. Cinq, poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, encourent trente ans de réclusion. Deux autres, soupçonnés de non-dénonciation de crime et de détention d’armes, risquent jusqu’à cinq ans. Tous font partie de l’entourage de Radouane Lakdim, qui a tué quatre personnes le 23 mars 2018.
Le délinquant radicalisé de 25 ans avait tiré sur deux hommes à Carcassonne, en tuant un et blessant l’autre. En voiture, il a fait feu et atteint gravement un CRS avant d’arriver au Super U de Trèbes, où il a assassiné un client et un employé puis pris une caissière en otage. Il a ensuite blessé mortellement le gendarme Arnaud Beltrame, qui s’était substitué à l’hôtesse de caisse, avant d’être abattu par le GIGN.
Il est reproché aux principaux accusés, qui « savaient l’adhésion de l’assaillant aux thèses djihadistes », de l’avoir aidé, d’une façon ou d’une autre, sans avoir eu une connaissance précise de son projet d’attentat. C’est, pour le Parquet national antiterroriste (Pnat), le cas de « la copine radicalisée » de Lakdim et de Samir Manaa, son « meilleur ami ». Il a requis contre eux onze et dix ans de réclusion.