Fin de l’opération Barkhane au Mali, mythe ou réalité ?

Boubacar Haidara, Sékou Amadou Traoré - LePoint - 25/08
ANALYSE. Barkhane, c’est fini ; mais l’opération européenne Takuba prend la suite. Il s’agit en quelque sorte d’une continuation de Barkhane par d’autres moyens.

Le 24 mai 2021, le Mali a subi un coup d’État, le deuxième en l’espace de neuf mois, mené par les mêmes acteurs qui avaient perpétré le précédent, celui du 18 août 2020.

Ce putsch fut unanimement condamné par la communauté internationale, à commencer par la France : Emmanuel Macron s’est immédiatement rangé derrière les positions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en termes de sanctions et d’attitude à adopter vis-à-vis de la junte conduite par le colonel Assimi Goïta. Mais le sommet qui a suivi, le 30 mai 2021, a quelque peu surpris car il entérina (en quelque sorte) le putsch, ce qui, subséquemment, consacra comme président de la transition Assimi Goïta – celui-là même que la Cedeao ne souhaitait en aucun cas voir occuper le fauteuil présidentiel. Les mesures prises se limitèrent à l’exclusion du Mali des instances de l’organisme sous-régional.

On pourrait expliquer l’attitude de la Cedeao par le fait qu’elle ne souhaitait pas retarder la transition. L’objectif semblait être le retour rapide à l’ordre constitutionnel à travers la tenue des élections présidentielles aux dates déjà annoncées : février et mars 2022.

L’attitude de la Cedeao n’a de toute évidence pas convenu au président français. Ce dernier a immédiatement pris l’initiative unilatérale d’interrompre les opérations militaires communes entre les forces françaises engagées dans l’opération Barkha...
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