Pourquoi cinquante ans après son inauguration, pourquoi plus de 45 ans après la fin de son occupation par des milices de tous bords, et trente ans après la fin officielle de la guerre civile libanaise, le bâtiment du Holiday Inn de Beyrouth est-il encore dans cette condition ? Pourquoi n’a-t-il pas été restauré, réaménagé comme l’espèrent la majorité des Libanais et le recommandent une pléthore d’architectes, d’activistes et d’autres experts en la matière ? Pourquoi ne lui a-t-il pas été offert une troisième vie, après celle de l’avant-guerre, puis celle de la guerre, du sang et de la violence, quand une flopée d’architectes et d’étudiants en urbanisme et architecture se sont penchés sur ce bâtiment et lui ont imaginé autant de reconversions possibles ? Ou pourquoi n’a-t-il pas été sinon rasé et oublié comme il en a été malheureusement question à plusieurs reprises ? Pourquoi reste-t-il dans cet état de flottement et d’incertitude, avec cette troublante impression d’être suspendu entre deux vies, deux villes, deux époques, deux mondes presque ?
Une gloire éphémère. Photo tirée du compte Instagram @oldbeiruthlebanon/Francis Jalain/Gérard Boulad
Pourquoi le lot qui l’abrite avec un autre immeuble triangulaire, formant jadis le complexe du Saint Charles City Center, n’a-t-il finalement plus été mis aux enchères, comme il avait été prévu en 2014, lorsque la société qui le détient (Saint Charles City Center SAL, fondée en 1964, NDLR) était arrivée à terme puis avait été dissoute ? Pourquoi est-il si compliqué d’y accéder, maintenant que le bâtiment a été mis sous la tutelle de l’armée libanaise ? Pourquoi est-il désormais impossible de trouver la moindre photo, la moindre trace, la moindre relique de l’intérieur du Holiday Inn avant qu’il ne se transforme en ce spectre magnétique ? Et pourquoi, en même temps, cet établissement qui a finalement eu une durée de vie si brève, moins d’un an entre son inauguration et le début de la guerre civile, continue-t-il d’incarner à ce point le fantasme du su...
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