Le 1er juillet 2020 est une journée que Zeina, 20 ans, n'oubliera jamais. Cette étudiante en première année de licence à l'université du Caire est la fondatrice du compte Instagram CatcallsOfCairo. Depuis mars 2019, elle publie sur sa page des témoignages anonymes de femmes agressées dans les rues de la capitale égyptienne. Un sujet important qui lui est venu «naturellement». «Quand tu es une femme et que tu vis au Caire, tu as l'impression que l'espace public ne t'appartient pas, lance-t-elle. Le harcèlement de rue fait partie de notre quotidien.»
En ce début du mois de juillet, elle tombe sur un nouveau compte Instagram: Assault Police, la police du harcèlement. Sa créatrice Nadeen Ashraf, nommée par le Time parmi les 100 personnalités de 2021, partage des témoignages chocs de jeunes filles. Toutes racontent des scènes d'agressions, de chantages et de viols qui ont eu lieu en ligne ou dans la vie réelle.
L'une d'entre elles n'avait que 13 ans au moment des faits. Le prédateur sexuel est rapidement nommé: Ahmed Bassam Zaki, 22 ans, ancien étudiant à l'université américaine du Caire, épicentre de la jeunesse dorée de la ville. En l'espace d'une semaine, les témoignages se multiplient. Au total, plus de 100 jeunes femmes ont désigné «Zaki» comme leur agresseur. Zeina tombe des nues. «Il n'avait pas le look du mec dangereux. Au contraire! Il était dans les plus grandes universités, ses parents ont d'importantes connexions. Il était à l'opposé du stéréotype du prédateur sexuel.» Trois jours après, il est arrêté. En décembre 2020, le tribunal économique le condamne à trois ans de prison pour «chantage» et cyberharcèlement.
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