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Ukraine : plus de 700 jours de guerre
Pendant deux heures, le président russe a eu le temps de donner sa vision de l'Histoire. Ce jeudi 8 février, l'entretien de Vladimir Poutine mené par le présentateur américain Tucker Carlson, proche de Donald Trump, a été diffusé. Assis dans un fauteuil blanc en face de l'intervieweur, le chef d'État russe a pu adresser plusieurs messages à l'Amérique et à l'Occident. Alors que cette interview était la première accordée à un journaliste occidental depuis le début de la guerre en Ukraine, retour sur les principaux points que les deux hommes ont abordés.
Interrogé sur la situation en Ukraine, le maître du Kremlin a été catégorique. "Jusqu'ici, il y a eu les vociférations et les cris sur (la nécessité) d'infliger une défaite stratégique à la Russie sur le champ de bataille", a-t-il déclaré à l'ex-animateur star de Fox News. "Mais maintenant, ils semblent se rendre compte que c'est difficile à réaliser, voire même impossible. À mon avis, c'est impossible par définition. Ça n'arrivera jamais. Il me semble que maintenant, ceux qui sont au pouvoir en Occident en sont également conscients", a ajouté celui qui a lancé l'invasion de l'Ukraine en février 2022.
"Si cette réalisation a été bien comprise, ils doivent réfléchir à la suite. Nous sommes prêts à ce dialogue", a-t-il assuré en russe, alors qu'il était simultanément doublé en anglais.
L'invasion de la Russie en Ukraine a accru la crainte de la part des pays voisins du géant russe, à l'instar de la Finlande ou de la Pologne, de se faire attaquer à leur tour. "Pouvez-vous imaginer un scénario dans lequel vous envoyez des troupes russes en Pologne ?", a donc demandé Tucker Carlson à Vladimir Poutine. "Seulement dans un cas de figure, si la Pologne attaque la Russie", a répondu le maître du Kremlin. "Nous n'avons pas d'intérêts en Pologne, en Lettonie ou ailleurs. Pourquoi ferions-nous cela ? Nous n'avons tout simplement aucun intérêt (...). Il n'en est pas question", a-t-il ajouté.
Lors de cet entretien, le sort du journaliste américain Evan Gershkovich a été abordé. Arrêté fin mars 2023 en Russie, le journaliste du Wall Street Journal est accusé d'espionnage, un crime passible de 20 ans de prison. Des accusations qu'il rejette, comme les États-Unis, son journal et ses proches. Selon Vladimir Poutine, un accord serait possible pour le libérer. "Je crois qu'un accord peut être conclu", a-t-il dit. "Il n'y a pas de tabou pour régler cette question. Nous sommes prêts à la résoudre, mais certains termes sont en train d'être discutés via des canaux, des services spéciaux."
Ces dernières années, plusieurs citoyens américains ont été arrêtés et condamnés à de lourdes peines en Russie. Washington, accuse Moscou de vouloir les échanger contre des Russes détenus aux États-Unis. Mi-décembre, Vladimir Poutine avait dit "espérer" un accord pour aboutir à la libération d'Evan Gershkovich et d'un autre Américain, Paul Whelan, un ancien Marine emprisonné en Russie depuis 2018.
Le président russe a en outre affirmé que l'élection d'un nouveau président américain, prévue pour le 5 novembre et qui devrait opposer le républicain Donald Trump au démocrate Joe Biden, ne changerait pas les relations entre les États-Unis et la Russie. "Vous venez de me demander si quelque chose changerait si un autre dirigeant arrivait. Ce n'est pas une question de qui est le dirigeant, de la personnalité d'une personne en particulier", a expliqué Vladimir Poutine à Tucker Carlson, lui-même soutien de Donald Trump.
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L'ancien président américain comme Vladimir Poutine ne tarissent pas d'éloges l'un sur l'autre. Donald Trump s'est vanté, sans plus de précisions, de pouvoir résoudre la guerre en Ukraine en 24 heures s'il était réélu. Le président Biden, lui, a qualifié son homologue russe de criminel de guerre, et affiche un soutien inébranlable à Kiev.
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