VIDÉO - On vous explique pourquoi le poulet ukrainien inquiète autant en France

LCI - 08/02
[VIDÉO] - C’était une des sources de la colère des agriculteurs qui ont bloqué les routes pendant deux semaines : la concurrence déloyale du poulet ukrainien.Il est vendu moins cher depuis la guerre à cause notamment de la suspension des droits de douane, et ne respecte pas toujours les mêmes normes que les pays européens. TF1 fait le point.

C’était une des sources de la colère des agriculteurs qui ont bloqué les routes pendant deux semaines : la concurrence déloyale du poulet ukrainien.
Il est vendu moins cher depuis la guerre à cause notamment de la suspension des droits de douane, et ne respecte pas toujours les mêmes normes que les pays européens.
TF1 fait le point.

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Ukraine : plus de 700 jours de guerre

Ils sont 40 millions de poulets dans ces hangars de la région de Vinnytsia, au centre de l'Ukraine. La multinationale MHP produit 80% des volatiles ukrainiens qui arrivent en Europe. Mais alors, dans quelles conditions sont-ils élevés ? Interrogée par TF1, l'entreprise fournit un discours de façade bien rôdé : "Les normes en Ukraine sont exactement les mêmes que celles de l'Union Européenne. La seule différence : on a une technologie beaucoup plus avancée pour suivre les volailles", explique John Rich, président du comité de direction de MHP. 

Sur place, il n'y a pourtant pas de contrôle de l'Union Européenne, et les coûts ne sont quant à eux pas les mêmes. Avec 370.000 hectares cultivés pour nourrir les poulets, l'entreprise fait des économies d'échelle dans un pays où le salaire minimum est sept fois inférieur au smic. Ainsi, les exportations rapportent beaucoup, 30% de plus la première année de la guerre. 

Plus de poulets par exploitation que ce qui est permis au sein de l'UE

Un succès qui réjouit les Ukrainiens, avec des bus et restaurants aux couleurs du groupe qui emploie 30.000 salariés. "Le niveau de vie de tout le monde a augmenté grâce à l'entreprise", affirme une Ukrainienne sur place. Certains poulets ukrainiens que nous mangeons viennent de plus petites exploitations. Dans la région de Lviv par exemple, celle de Maria comporte tout de même 10.000 poulets. "Nous, on les élève, on les vend, on nettoie tout et on recommence", explique-t-elle. 

Les conditions sanitaires doivent être quotidiennement relevées pour les autorités. "Combien de poulets sont morts ?", demande Maria à son mari. "Aujourd'hui, il y en a douze…", répond-il, les yeux rivés sur une feuille. Les volatiles sont morts assoiffés et ont suffoqué parmi tous les poulets qui sont plus de 20  au mètre carré. Il en faudrait environ cinq de moins pour respecter les normes européennes. 

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Bernard Wilem, consultant agricole en Ukraine depuis plus de 20 ans, dénonce effectivement une concurrence déloyale. "Ce qui est produit en Ukraine n'est pas comparable à ce qui est produit en Europe. On se trouve devant une concurrence irrationnelle", tranche-t-il. 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les agriculteurs européens alertent sur le poulet ukrainien qui inonderait le marché intérieur. En cause : l'exonération de droits de douane sur les importations accordée par Bruxelles pour aider Kiev à maintenir son économie à flots. En marge du sommet européen à Bruxelles le 1ᵉʳ février, Emmanuel Macron a lui-même dénoncé l'augmentation des importations de poulet ukrainien en Europe.

M.T | Reportage TF1 : Florence de Juvigny, Axel Charles-Messance et Kostyantyn Yaremenko

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