La première Une qui parle des évènements de février 2009 est datée du 5 février : « Jour de test », on se pose alors la question de savoir si le mécontentement social est important. « Ce jeudi 5 février est un vrai baromètre pour mesurer l'ampleur du mécontentement social en Martinique. Pas moins de douze organisations syndicales et plusieurs partis politiques ont appelé à suivre cette journée de grève et de mobilisation contre la vie chère ». Personne ne se doute alors que le mouvement social va devenir une crise de 38 jours qui va fermer la Martinique !
Chaque jour, du jeudi 5 février au samedi 14 mars, la rédaction a suivi le mouvement social qui prenait de l'ampleur et gagnait toute l'île sans que personne n'ait pu le prévoir. Et les évènements ne manquaient pas : les clans qui se forment, la ville qui s'embrase, les pompes à essence vide, les supermarchés fermés, le T-shirt rouge que tous achètent, le boom des boulangeries qui n'ont jamais vendu autant de baguettes, l'usine à farine qui tourne à plein régime, Serge Letchimy (député-maire de Fort-de-France) demandant aux forces de l'ordre de ne pas intervenir à Trénelle, les réouvertures, les agriculteurs et socio-professionnels qui descendent en ville avec les tracteurs ou encore ce que la rédaction a appelé « l'état de siège », et bien sûr la signature tant attendue et espérée.
Samedi 14 mars 2009, le quotidien titrait : On signe ! et précisait aux lecteurs : C'est ce matin à 11 heures, à la préfecture, que seront paraphés les documents de l'accord de suspension du plus long mouvement de grève générale qu'a connu la Martinique. Le Collectif a appelé ses supporters à une dernière manifestation aujourd'hui dans les rues foyalaises. La couverture du mouvement ne s'arrêtera pourtant pas ce 14 mars ! Les équipes poursuivront les investigations. Les sujets suite à la grève générale ne manqueront pas : les entreprises qui ne redémarreront jamais, ce que la population a gagné, ce que l'on a espéré, ce qui a changé à jamais, ce que l'on ne refera plus, ce que l'on a perdu, etc.