VIDÉO - Tracteurs aux portes de Rungis, contournement de barrage, arrestations… La colère des agriculteurs s'accentue

LCI - 31/01
[VIDÉO] - Au 13e jour de mobilisation des agriculteurs, un cap est-il en train d'être affranchi ? Pour la toute première fois, il y a eu des arrestations ce mercredi aux abords du marché de Rungis. Des tracteurs font aussi face aux blindés des forces de l'ordre.

Au 13e jour de mobilisation des agriculteurs, un cap est-il en train d'être affranchi ?
Pour la toute première fois, il y a eu des arrestations ce mercredi aux abords du marché de Rungis.
Des tracteurs font aussi face aux blindés des forces de l'ordre.

Tracteurs et blindés n'ont jamais été aussi proches. Sur l'autoroute A6 dans l'Essonne, les agriculteurs ne sont plus qu'à dix kilomètres du marché de Rungis (Val-de-Marne). "Il faut être nombreux, il faut être fort, il faut tenir parce qu'on ne va rien lâcher", confie un agriculteur. "Ça va monter, monter, monter, et bouillir, bouillir, bouillir", déplore un autre. 

Lorsqu'ils sont bloqués sur les autoroutes, les agriculteurs n'hésitent plus à traverser les villes, comme à Sully-sur-Loire (Loiret). La détermination, qui veut rejoindre Paris, est inébranlable. Dans cette commune du Loiret, tous les ponts sont fermés par les gendarmes. "On va négocier et si à force de négocier, ils ne nous laissent pas passer, on trouvera des solutions. On passera coûte que coûte !", confie José Pérez, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne. Pour augmenter leur chance de passer, les convois n'hésitent plus à se diviser, et même prendre des chemins de traverse.

Les actions se multiplient

Dans tout le pays, des centaines de kilomètres de routes sont bloquées ou extrêmement difficiles à emprunter. En région parisienne, un convoi est même bloqué à seulement 2 km de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Les actions se multiplient partout dans le pays. 

À Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), une centrale d'achat de E.Leclerc est bloquée depuis lundi 29 janvier. Les agriculteurs dorment dans des conteneurs à même la paille et se relaient pour maintenir le blocage. "C'est un relais pour durer et pour montrer notre détermination. On s'organise pour ne pas avoir à bouger et à lever le camp", nous explique François Leroux, éleveur de vaches.

Les Français soutiennent toujours le mouvement

Il n'y a pas encore d'impact dans le chariot de course. Les agriculteurs ont pour l'instant le soutien d'une majorité de Français. "Je trouve qu'ils ont raison parce qu'ils travaillent comme des brutes alors qu'ils ont un salaire de misère", nous confie un client. "On ne les écoute pas alors comment voulez-vous qu'ils réagissent ?", se demande une autre.

À Plaisance du Touch (Haute-Garonne), la mobilisation se veut plus pédagogique. Ici, les agriculteurs arrêtent les camions de livraison et les produits étrangers sont signalés. L'objectif est de sensibiliser les consommateurs. Ils sont déterminés à rester mobiliser. "Le mouvement ne s'essouffle pas du tout. Il y a de plus en plus d'agriculteurs qui rejoignent le mouvement", salue une éleveuse à notre micro.

Une mobilisation qui a franchit une étape ce mercredi. Pour la première fois, des tracteurs ont réussi à atteindre l'une des portes des marchés de Rungis. 15 agriculteurs ont été interpellés et placés en garde à vue pour entrave à la circulation.

AL | Reportage TF1 : Ignacio Bornacin, Léa Merlier, Sébastien Guerche

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