Colère agricole : les agriculteurs prêts à faire le "siège" de Paris

LCI - 29/01
[VIDÉO] - Une deuxième semaine de mobilisation s'annonce pour les agriculteurs, qui ont décidé de durcir le ton. Les syndicats appellent à un "siège" de la capitale. Un terme qui a incité les forces de l'ordre à se prépositionner devant les sites stratégiques.

Une deuxième semaine de mobilisation s'annonce pour les agriculteurs, qui ont décidé de durcir le ton.
Les syndicats appellent à un "siège" de la capitale.
Un terme qui a incité les forces de l'ordre à se prépositionner devant les sites stratégiques.

Un lieu bien trop stratégique pour être laissé sans défense. Dès dimanche soir, devant chaque entrée du marché de Rungis, l'installation de véhicules blindés donne donc une idée des dispositifs destinés à éviter tout blocage. Avec l'appui des forces de gendarmerie qui procède au contrôle des allées et venues, et des marchandises.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé dimanche soir la mobilisation de 15.000 policiers et gendarmes ainsi que des hélicoptères pour mettre sous surveillance les sites sensibles. "À partir du moment où ils respectent les règles que je viens d'évoquer : pas d'occupation de la capitale et des grandes villes de province, on ne bloque pas les aéroports, on ne rentre pas dans les marchés internationaux de nourriture, je pense que les choses se passeront le mieux possible", a prévenu Gérald Darmanin.

"On sera entendus !"

À plus de 500 km, José Pérez a bien pris connaissance de la nouvelle sans qu'elle vienne perturber ses plans. "Bloquons Rungis tous ensemble et là, on sera entendus ! J'ose espérer qu'ils ne toucheront pas à leurs paysans parce que vous savez, la gendarmerie ou la police et les agriculteurs, on travaille main dans la main", nous explique le co-président de la coordination rurale du Lot-et-Garonne dans la vidéo en tête de cet article. Il s'affaire donc à établir le chemin que devront emprunter les tracteurs. Plus de 20 heures de route avec un camion-citerne pour le ravitaillement et la promesse de 300 viennoiseries distribuées par un boulanger ami.

Un jeune agriculteur, que nous avons rencontré, se prépare au long voyage vers la capitale. Pneus gonflés, sac de couchage et oreiller prépositionné dans la cabine de son tracteur, Julien Raffaello est prêt. "Je resterai autant de temps qu'il faudra pour défendre mon avenir", nous explique-t-il.

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Au point de blocage de l'A16 à hauteur de Beauvais, la visite surprise de l'état-major de la FNSEA avait dimanche après-midi des allures de revue de troupe. À la veille de l'opération qu'ils ont baptisée "Avec les jeunes agriculteurs – siège de la capitale – pour une durée indéterminée". Un terme militaire à prendre, disent-ils, avec retenue. "Tout le monde commence à sentir la tension et je le rappelle, nous ne voulons ni violence, ni dégradation. Nous, ce qu'on a demandé, c'est que ça puisse se faire dans les conditions de coordination avec les services des préfectures concernées", expliquait à notre Arnaud Rousseau, patron de la FNSEA, dimanche.

Rungis ne sera pas donc pas au programme de l'opération de la FNSEA, mais en revanche dès 14 heures ce lundi, plusieurs axes autoroutiers menant à Paris devraient être coupés, avec des points de blocage à une trentaine de kilomètres de la capitale qui stopperont les poids lourds, en invitant les voitures à ne plus passer par les routes secondaires.

La rédaction de TF1info | Reportage : Florence Leenknegt et les envoyés spéciaux du 20H de TF1

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