Les syndicats français exercent une influence politique importante. Mais à l’été 2016, ils ne pouvaient pas faire grand-chose pour empêcher le gouvernement français d’investir dans ce qui allait bientôt devenir la centrale électrique la plus chère du monde.
Les six représentants syndicaux au conseil d'administration d'Électricité de France (EDF) ont voté contre un accord visant à construire une centrale nucléaire au Royaume-Uni. Quelques semaines seulement après que son directeur financier, Thomas Piquemal, a démissionné de l'entreprise, craignant que Hinkley Point C, dans le Somerset, ne représente un risque trop important. Le projet a été approuvé par 10 voix pour et sept contre.
Au cours des sept dernières années, ces craintes se sont révélées fondées. EDF a révélé cette semaine le dernier retard d'Hinkley, qui pourrait ne pas ouvrir avant 2031, bien au-delà de son calendrier initial d'une décennie. Ses coûts ont grimpé jusqu’à 35 milliards de livres sterling aux prix de 2015, soit presque le double des prévisions initiales de 18 milliards de livres sterling en 2016. En termes d’aujourd’hui, la première nouvelle centrale nucléaire britannique depuis 30 ans pourrait coûter 46 milliards de livres sterling. La spirale des coûts a été imputée à l’inflation, au Covid et au Brexit.
Hinkley était censé représenter une renaissance nucléaire des deux côtés de la Manche et promouvoir les ambitions nucléaires de la Chine. C’était l’occasion pour EDF, autrefois premier développeur nucléaire mondial, d’assurer l’avenir de ses réacteur...
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