Alors que les couleurs disparaissaient du ciel, un groupe s'est rassemblé devant la basilique aux pierres blanches de Saint-Denis, où sont enterrés des dizaines de rois de France, pour rendre hommage à leurs ancêtres.
Pas au roi Louis XIII, qui avait autorisé la traite des esclaves en 1642, ni à son fils, le Roi Soleil, qui a introduit le code légal de l'esclavage, dont les deux restes sont enterrés à l'intérieur du bâtiment gothique. Ils sont venus chercher les victimes, qui sont honorées par un modeste mémorial à l'extérieur.
«C'est Jean-Pierre Calodat», dit Josée Grard, 81 ans, en passant ses doigts sur le nom inscrit sur la sculpture en forme de globe tandis que les tambours résonnaient autour d'elle. « Il a été libéré quatre ans avant l’abolition. Sa femme, Marie Lette, doit être à proximité.
Il n’existe que quatre monuments de ce type en France. À l’automne dernier, le gouvernement a annoncé qu’il ferait plus : construire un « Mémorial national des victimes de l’esclavage » dans les jardins du Trocadéro, destination touristique favorite d’Instagram en raison de sa vue dégagée sur la Tour Eiffel.
Mais le monument, conçu comme un geste de réconciliation dans un pays qui a hésité à aborder les aspects peu recommandables de son passé, est lui-même devenu une source de division.
Il portera les noms de quelque 224 000 personnes libérées de l'esclavage par la France en 1848, devenues citoyens et dotées d'un nom de famille.
Alors que certains y voient un signe encourageant de progrès, d’autres l’ont rejeté comme un discours contradictoire. Plus précisément, disent-ils, en énumérant les noms des personnes qui ont été libérées, le mémorial glorifiera une fois de plus la France pour l'abolition de l'esclavage, sans expier le fait de maintenir en esclavage quelque quatre millions de personnes pendant deux siècles.
Le groupe qui fait pression pour le mémorial depuis des décennies, et qui comprend des Parisiens ayant grandi en Guadeloupe et en Martinique, espère qu'il prop...
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