Sur une scène sombre et sans relief d'Amsterdam, Jésus-Christ sur le point d'être crucifié déplore sa situation difficile tout en arborant un débardeur scintillant et des baskets grises New Balance. Ses partisans, rassemblés autour de lui, semblent avoir fait une descente dans un magasin Urban Outfitters vers 2012.
À l’opposé, ses persécuteurs, menés par le roi Hérode et Ponce Pilate, portent de sévères robes blanches jusqu’au sol et des manteaux noirs. Dans un fausset perçant, Jésus reproche à son père, Dieu, de l'avoir mis dans cette position. Tout aussi bien qu’il le pourrait.
Cette reprise de « Jesus Christ Superstar », la comédie musicale kitsch d’Andrew Lloyd Webber et Tim Rice de 1971 sur les derniers jours de la vie de Jésus, est réalisée par l’auteur belge Ivo van Hove. C'est un match étrange.
Van Hove a bâti sa réputation sur des réimaginations esthétiquement frappantes, souvent psychologiquement intenses, d'œuvres bien connues – y compris des pièces canoniques (« Hedda Gabler » et un captivant « A View from the Bridge ») ; les films hollywoodiens de l’âge d’or (« All About Eve ») ; et la fiction contemporaine (« Who Killed My Father » et « A Little Life »). Et bien que son éventail soit large, il y a toujours eu une ambition intellectuelle dans le choix de ses sujets : un intérêt sérieux pour la poétique de la tragédie humaine.
Il est donc difficile de comprend...
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