Jugurtha enchaîné. Giovanni Battista Tiepolo, 1729. Metropolitan Museum of Art, New York.
En 134 avant notre ère, alors qu'il tentait tant bien que mal de soumettre le peuple d'Espagne, le général romain Scipion Émilien réalisa qu'il lui faudrait étoffer ses troupes pour parvenir à ses fins. Il décida de se tourner vers le royaume de Numidie, un allié nord-africain dont le souverain, Micipsa, se réjouissait à l'idée de prêter main-forte à la République romaine. Son territoire occupait ce qui est aujourd'hui devenu une partie de l'Algérie, de la Tunisie et de la Lybie. Fidèle allié de Rome lors de sa récente victoire sur Carthage, le royaume de Numidie voyait en cette nouvelle coalition l'occasion d'assouvir l'un de ses désirs secrets : Micipsa pourrait envoyer son neveu, Jugurtha, commander les forces numides.
Charismatique, intelligent et belliqueux, Jugurtha représentait une menace pour le trône de Micipsa et de ses deux enfants. En venant en aide à Rome dans les guerres puniques, il allait risquer sa vie et peut-être ne reviendrait-il jamais.
Une pièce de monnaie numide à l'effigie de Jugurtha. Bibliothèque nationale de France, Paris.
Seulement voilà, Jugurtha offrit une victoire écrasante à Rome sur Numance et regagna ses terres avec une lettre élogieuse écrite de la main de Scipion. Cette expédition lui permit d'asseoir sa réputation militaire et politique, sans oublier les précieuses relations établies avec Rome. Afin de réduire la menace qu'il faisait peser sur le trône, le roi Micipsa décida d'adopter son neveu et de l'inclure dans une division de son royaume en trois parts égales avec ses fils biologi...
[Courte citation de 8% de l'article original]