À même pas trente ans, Cindy Duport est déjà une référence dans le monde du mushing. Et une fidèle de La Grande Odyssée VFF qu’elle a remportée par deux fois en catégorie limited, en 2020 et 2021. Une troisième victoire lui a échappé de peu l’an dernier, offrant un supplément de suspense aux concurrents comme aux spectateurs… ainsi que son lot de souffrances à la championne. "J’étais venue en ayant un arrachement osseux à la cheville, se souvient-elle. Au début, j’ai fait première, mais je savais que dans la durée, du fait du manque d’entraînement, Aurélie Delattre allait me repasser devant. On a eu une belle deuxième place", note-t-elle avec philosophie.
Sur cette édition 2024, Cindy Duport a donc une revanche à prendre. Et vu de l’extérieur, on pourrait croire à ses (bonnes) chances de l’emporter. D’abord, le tracé de la 20ᵉ Grande Odyssée VVF fait escale dans son Isère natale ; ensuite, sa “rivale” la plus acharnée, Aurélie Delattre ne figure pas au départ. Enfin, Cindy a prouvé qu’elle était revenue au plus haut niveau en décrochant mi-décembre le titre de Championne de France en kart 8 chiens. Mais cette médaille a un revers amer : alors qu’elle visait le doublé en kart à 4, l’un de ses meilleurs chiens s’est fait une déchirure musculaire. Son forfait affecte sincèrement Cindy, mais ne la démotive pas : "Plus on a d’obstacles, plus on s’accroche… et plus on a envie d’aller haut ! Et puis, il faut laisser la chance à d'autres chiens de s'exprimer en étant en tête, aux commandes de l’attelage."
Lire aussi
La Grande Odyssée VVF 2024 - Rémy Coste : "C’est la régularité qui paie"
C’est au tout dernier moment que la musheuse saura si elle s’aligne sur La Grande Odyssée VVF en open ou en limited une fois encore. En fonction des performances à l’entraînement et surtout, du mood de ses chiens. "Ils courent pour nous faire plaisir, explique-t-elle. En course, ils se mettent en mode compétition et peuvent se donner à 300 % pour moi". La contrepartie de ce dévouement, c’est un investissement sans faille : "Quand on travaille avec des animaux, il faut prendre soin de leur moral, de leur santé, de leur “bien-être”. C’est 100 % du mental du chien qui fera qu’on sera performant. Même si le chien est super fort, si on le “casse”, il n’aura pas l’envie d’y aller." Cindy se remémore cette anecdote de ses débuts où, n’ayant pas assez de chiens, elle avait récupéré un chiot que des mushers ne souhaitaient pas conserver parce qu’il ne leur convenait pas. "J’ai mis beaucoup de temps pour lui redonner confiance, mais la belle histoire, ça a été de monter sur le podium avec lui en chien de tête… devant les mushers qui l’avaient dégagé."
La dimension affective n’est pas étrangère à la “méthode Duport“. Elle a d’ailleurs baptisé son attelage Galaxy Team en hommage à son premier "vrai chien de traîneau", un Scandinavian hound offert par ses parents avec qui elle a connu ses premiers podiums en Championnat de France. L’histoire avait toutefois débuté dès ses 6 ans avec Oasis, un labrador récupéré à la SPA, puis Simba. Ce setter irlandais participera à sa première Grande Odyssée en 2017, avant de tirer sa révérence à l’âge de 14 ans.
La plupart des chiens de la Team sont nés chez Cindy. Ils la suivent en hiver aux Saisies où elle propose des promenades en traîneau ; ils l’accompagnent en été pour des activités de canirando à Tignes… Le printemps est la période où ils sont au repos. Difficile d’imaginer la musheuse se mettre elle aussi à l’arrêt ! Mais cette sportive invétérée étant par ailleurs une cavalière accomplie, elle peut passer des canidés aux équidés. L’essentiel n’est-il pas de toujours rester en selle ?
Sur lemême thème