En quoi votre mission sur cette 20ᵉ édition de La Grande Odyssée VVF est-elle particulière ?
Dr Sandrine Pezard-Van Parijs : Nous sommes une équipe de 12 vétérinaires, avec chacun des domaines de prédilection nous permettant d'être exhaustifs sur toutes les pathologies que l'on peut rencontrer pendant la course. Tous les ans, nous reconstituons une clinique mobile, avec un matériel complet qu’on ne retrouve pas sur les autres courses : de quoi faire des échographies cardiaques, des tendons, des ligaments ; radio numérique, analyseur biologique… C’est exceptionnel ! On est en capacité de pratiquer tous les examens nécessaires afin de poser un diagnostic très sûr en cas d'urgence ou de problème particulier… Et ainsi d'assurer des soins de grande qualité. On peut également prévenir les incidents au plus tôt, en intervenant au moindre doute.
La Grande Odyssée VVF accueille surtout des attelages de scandivian hounds, d’Alaskan huskies et de huskies de Sibérie. Les soins diffèrent-ils suivant les races ?
Il y a également des malamutes (sourire) ! En gros, on peut les classer en deux catégories : d’un côté les nordiques ; de l’autre les chiens croisés de chasse. Ceux-ci ont un peu perdu de cette capacité de résistance au froid, mais se révèlent plus explosifs. On ne rencontre donc pas forcément les mêmes pathologies. Avec les chiens plus réactifs, plus explosifs, on peut avoir davantage de difficultés digestives, alors que les nordiques auront plus tendance à se mettre dans leur rythme et être plus résistants sur la durée.
Les pathologies ostéo-articulaires sont assez spécifiques dans La Grande Odyssée VVF, car il y a beaucoup de dénivelé. Ainsi que les problèmes dermatologiques au niveau des pattes : des abrasions, des macérations entre les doigts, sur la peau des coussinets, avec des coupures quand la neige fond puis regèle.
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Vous êtes également impliquée dans le “vet check”, indispensable pour le bon déroulement de la course et le bien-être des chiens…
C’est ultra important ! Le premier se déroule dès la première étape. À l'arrivée, tous les chiens passent un examen poussé général à la suite duquel on fait, en cas de besoin, un examen complémentaire. Cela permet de partir sur de bonnes bases : au moindre doute sur un chien, on le retire immédiatement de la course.
Un “vet check” quotidien a ensuite lieu après l’étape. Sur la ligne d’arrivée, une équipe accueille chaque musher et recueille toutes les informations sur son attelage — potentiellement des boiteries, les chiens ayant de la diarrhée d'effort, des blessures sur les pattes — et nous les envoie par talkie. Une fois que les chiens sont détachés, nous procédons à un examen plus approfondi en insistant sur les particularités constatées.
Dans la journée, on est aussi présents en cas de problème. Par exemple, si un musher a besoin de nous montrer un chien qui n’a pas mangé le matin ou qui présente une fatigue, une boiterie… On suit également les chiens mis au repos les jours d’avant.
Au-delà de la compétition, votre plateau technique hors du commun vous permet d’effectuer des études sur la santé des chiens-athlètes…
En effet. Si la médecine sportive humaine est très connue, avec des médecins spécialisés, l’étude du chien sportif est assez récente. En rassemblant pendant quinze jours des centaines de chiens venant des quatre coins de l’Europe ayant chacun des entraînements et des conditions de vie particulière, La Grande Odyssée VVF nous permet de recueillir des données sur leur fonctionnement, leur physiologie et leurs capacités.
Nous accueillons d’ailleurs tous les ans un étudiant en dernière année d’école vétérinaire qui réalise une thèse sur un sujet permettant de faire avancer les connaissances. Cette année, Maxence Desgouttes revient pour achever son travail sur le cœur du chien sportif.
La Grand Odyssée VVF attire beaucoup de spectateurs. Quels conseils donner au public ?
Au moment des étapes, les chiens sportifs sont dans un état d'excitation particulier. Ces chiens ont été préparés, entraînés, et choisis pour leur mental : ils ont le “will to go” ; ils sont passionnés par l'épreuve, par la course et le fait d'échanger avec leur groupe et leur musher. Ils finissent par reconnaître les instants précédant la course et l’excitation monte jusqu’au départ. Or, on sait que tout chien sur-stimulé peut être énervé. Donc,...
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