Équateur : face à une crise sécuritaire inédite, la France recommande de "différer" ses voyages dans le pays

LCI - 10/01
[VIDÉO] - L'état d'urgence a été décrété lundi en Équateur, où l'État se retrouve en proie à un "conflit armé interne" avec des gangs impliqués dans le narcotrafic.Face à l'ampleur des violences, la France exhorte ses ressortissants qui souhaitaient se rendre dans le pays à reporter leur déplacement.

L'état d'urgence a été décrété lundi en Équateur, où l'État se retrouve en proie à un "conflit armé interne" avec des gangs impliqués dans le narcotrafic.
Face à l'ampleur des violences, la France exhorte ses ressortissants qui souhaitaient se rendre dans le pays à reporter leur déplacement.

Alors que la situation s'embrase en Équateur, Paris appelle les voyageurs à la plus grande vigilance.  La France demande à ses ressortissants qui envisageraient de se rendre dans le pays d'Amérique du sud "dans les prochains jours" de "différer leurs projets", selon le site du ministère des Affaires étrangères. "Suite à l’évasion d’une figure du crime organisé, à divers troubles dans les prisons du pays et aux risques de tentatives de déstabilisation des institutions par des bandes criminelles, le Président Noboa a décrété l’état d’urgence le 8 janvier 2024, pour une période de 60 jours", rappelle le Quai d'Orsay.

Le président équatorien Daniel Noboa a reconnu un "conflit armé interne" dans son pays, marqué ces derniers jours par des actions spectaculaires, comme l'évasion de plusieurs chefs de gangs - dont Adolfo Macias, alias "Fito", le chef des Choneros -, des mutineries dans plusieurs prisons, l'enlèvement de policiers et une prise d'otages en direct à la télévision. Des violences ayant déjà fait au moins dix morts dans le pays. L'état d'urgence a été décrété lundi 8 janvier et le dirigeant a ordonné "la mobilisation et l'intervention des forces armées et de la police nationale". "Dans ces conditions, les Français envisageant un voyage en Équateur dans les prochains jours sont invités à différer leurs projets dans toute la mesure du possible", recommande le site du ministère mis à jour mardi.

Les inquiétudes s'accentuent à l'international

La France n'est pas la première à se montrer préoccupée face à l'embrasement des violences. L'Espagne a indiqué ce mercredi suivre avec "inquiétude" la situation en Équateur, tout en affichant sa "confiance" en un "retour prochain à la normalité". Mardi, les États-Unis se sont dits "extrêmement préoccupés" par les violences, et "prêts à fournir de l'assistance". De son côté, la Chine a suspendu mercredi l'accueil du public dans son ambassade et son consulat sur place, tandis que la Russie a demandé à ses ressortissants de "tenir compte de l'instabilité de la situation en envisageant des voyages" dans le pays et "d'éviter de se rendre dans des lieux publics". Quant aux voisins de l'Équateur, le Pérou a annoncé mardi soir avoir déclenché l'état d'urgence le long des plus de 1400 km de sa frontière commune et renforcé sa surveillance. 

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L'Équateur, pays de 18 millions d'habitants miné par la guerre des gangs et le trafic de drogue, est aujourd'hui ravagé par la violence après être devenu le principal point d'exportation de la cocaïne produite au Pérou et en Colombie voisins. Les assassinats dans les rues ont augmenté de 800% entre 2018 et 2023, passant de 6 à 46 pour 100.000 habitants. En 2023, 7800 homicides ont été comptabilisés et 220 tonnes de drogues saisies. L'été dernier, le pays avait été ébranlé par l'assassinat par balle, à quelques jours de l'élection présidentielle, d'un candidat centriste, Fernando Villavicencio, l'un des favoris du scrutin.

M.L (avec AFP)

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