Présenté en Compétition de la 80e Mostra de Venise en septembre 2023, Io Capitano (Moi, capitaine) a permis à Matteo Garrone de décrocher le Lion d’argent du meilleur réalisateur. Il y a quelques jours, le film a par ailleurs été retenu dans la shortlist des 15 candidats à l’oscar du meilleur film international. Sur le Lido, on rencontrait un cinéaste italien heureux et fier de son nouveau film, très différent de Dogman ou Gomorra.
“En Occident, on est habitué à voir des bateaux traversant la Méditerranée, à voir des images de sauvetage, de morts, d’entendre le décompte des victimes et des survivants. Avec les années, nous avons eu tendance à considérer les migrants comme des chiffres et non plus comme des êtres humains. L’idée de départ naît de mon désir de raconter ce voyage d’un autre angle, en cherchant à faire vivre au spectateur l’expérience de ce voyage, de rendre visible ce voyage qu’on ne connaît pas”, explique Matteo Garrone.
Pour coller au plus près de la réalité, le cinéaste italien s’est “agrippé aux histoires de ceux qui ont fait ce voyage, en étant très attentif aux détails, pour obtenir une forme de vérité, sans tomber dans le piège d’une opération didactique”. “Le cœur du film, c’est de raconter cette histoire à travers les yeux de Seydou, à travers la pureté de son regard”, commente-t-il.
Pour créer le personnage de Seydou, Matteo Garrone s’est notamment inspiré du parcours du jeune Guinéen Fofana Amara, qui vit désormais à Liège (cf. ci-dessous). “À 15 ans, il a fait l’expérience de ce voyage, aux côtés de ...
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