Mystères du "forcené des Cévennes" : les proches de Valentin Marcone témoignent

LCI - 08/01
[VIDÉO] - Valentin Marcone, décrit comme taiseux et réservé, est accusé d'avoir tué le patron de la scierie dans laquelle il travaillait, ainsi qu'un de ses collègues, le 11 mai 2021 dans un village du Gard.Trois ans plus tard, à l'approche du procès du "forcené des Cévennes", "Sept à Huit" a rencontré les protagonistes de l’affaire. Tous tentent encore de percer le mystère de cette tragédie insensée.

Valentin Marcone, décrit comme taiseux et réservé, est accusé d'avoir tué le patron de la scierie dans laquelle il travaillait, ainsi qu'un de ses collègues, le 11 mai 2021 dans un village du Gard.
Trois ans plus tard, à l'approche du procès du "forcené des Cévennes", "Sept à Huit" a rencontré les protagonistes de l’affaire.
Tous tentent encore de percer le mystère de cette tragédie insensée.

Dans la mémoire collective, l’affaire dite du "forcené des Cévennes" est celle d’une chasse à l’homme qui a défrayé la chronique. Trois jours et trois nuits de traque menée par 350 gendarmes dans les montagnes cévenoles en mai 2021, abondamment relayée par les médias, jusqu’au tweet du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, annonçant que "l’homme recherché dans le Gard s’est rendu". Valentin Marcone s’est même excusé auprès de la patrouille qui l’a appréhendé après qu’il est, de lui-même, sorti du trou dans lequel il s’était terré, à quelques encablures de chez lui.

L’homme est soupçonné d’avoir abattu Luc Teissonière, son patron, et Martial Guérin, un de ses collègues, dans les locaux de la scierie communale où ils travaillaient, au cœur du petit village des Plantiers. Trois ans après les faits, à quelques jours du procès qui s’ouvrira le 24 janvier, le mystère demeure entier. Qu’a-t-il bien pu se passer dans la tête de ce discret père de famille, alors âgé de 29 ans ? Dans la vidéo à retrouver en tête de cet article, plusieurs protagonistes de l’affaire témoignent auprès de Sept à Huit. Verbatims.

Blandine, épouse de Valentin Marcone

"J’ai grandi dans le village, je connais les victimes depuis mon enfance. Je les ai connues avant Valentin. Chaque fois que je passe devant la scierie, je me dis ‘mais c’est tellement horrible’. Je ne comprends pas pourquoi avoir tué Luc et Martial, avoir envoyé valser toute notre vie… Surtout qu’il avait tellement à perdre, et rien à gagner. C’est totalement injuste."

"Valentin est quelqu’un de très timide, de très sincère aussi. Il arrivait à me charmer par sa personnalité, tout en douceur."

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"Au début, quand il travaillait à la mairie (à partir de 2018, ndlr), tout se passait bien, mais ensuite, il a fini par faire un rappel à la loi au maire de l’époque pour lui signaler ce qui n’allait pas dans leurs conditions de travail. Il a imprimé toutes les lois qu’il a trouvées sur Internet et il les a portées en mairie. Et en 2020, son contrat n’a pas été renouvelé. Il a porté l’affaire devant les prud’hommes, mais il a perdu. C’est ensuite qu’il a été embauché dans la scierie de Luc Teissonière."

"Juste après les meurtres, il est rentré à la maison. C'était le matin. Je lui ai demandé s’il avait oublié quelque chose. Et là, il s’est approché de moi et m’a dit qu’il venait de faire une grosse bêtise, qu’il venait de tuer Luc et Martial. Il me l’a dit en sortant l’arme de sa poche. C’est comme si le ciel m’était tombé sur la tête. Je ne savais plus si j’étais ou non dans la réalité. En même temps, j’avais ma fille dans mes bras… Je n’ai pas eu peur de lui. Il n’était pas agressif à ce moment-là, il était désemparé. Comme si ça lui était tombé dessus aussi. Il est ressorti cinq minutes plus tard, avec une carabine. Ma mère a essayé de le retenir, en lui disant qu’elle allait prévenir les gendarmes. Il a répondu que s’il les voyait venir, il leur tirerait dessus."

"En fait, il n’a jamais digéré l’échec de sa procédure aux prud’hommes contre la mairie. Il avait lancé une pétition sur Internet pour dénoncer ce qu’il estimait être une injustice, il avait même déposé plusieurs plaintes, contre le maire, un conseiller municipal, un ancien collègue et même le gendarme en charge des procédures. Il pensait qu’on en avait après lui. Il s’est senti victime d’abus. Moi, je lui disais de laisser courir, qu’il verrait bien, mais il voulait avoir le dernier mot."

"Quand on parle de tout ce qu’il s’est passé avant ou après, il donne des explications très précises et très calmes. Mais dès qu’on arrive aux cinq minutes des meurtres, c’est confus. Il ne raconte jamais la même chose. Est-ce qu’il a mal interprété quelque chose ? Je ne sais pas du tout ce qu’il s’est passé dans sa tête pour que ça dégénère. Est-ce que lui le sait ? Je ne sais pas."

Frédéric, père de Valentin Marcone

"Valentin se régalait de travailler à la mairie. Quand il s’est marié, le maire a même dit qu’il aurait rêvé avoir un fils comme lui, travailleur et consciencieux."

"Depuis deux ans, je lui rends visite en prison une fois par mois, à Toulouse. On discute régulièrement des faits et du procès, la dernière fois pendant une heure et demie. Il y a eu des injustices de la part de ses employeurs successifs. Bien sûr, il regrette d’avoir fait du mal, que des familles soient dans la douleur, mais il veut quand même expliquer comment il a pété les plombs, parce qu’on l’y a poussé. Pour moi, il n’est pas responsable à 100% de ce qu’il s’est passé. L’important, c’est que les jurés en aient une vue d’ensemble."

Fiona, épouse de Luc Teissonière

"Quand on l’a embauché, on savait qu’il était en conflit avec la mairie. On savait donc qu’il pouvait être procédurier. Après, c’était le gendre de notre nounou. On pensait que c’était quelqu’un de bien, qui pouvait correspondre au poste que Luc recherchait. Il lui ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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