Lors de son discours à la Nation du 31 décembre 2023, le président Evariste Ndayishimiye a formellement accusé le Rwanda de soutenir le mouvement rebelle Red-Tabara. Il l’a accusé d’avoir perpétré une attaque où 19 civils et un policier ont été tués selon le bilan officiel. Il est aussi revenu sur la « Vision Burundi pays émergent en 2040, pays développé en 2060 ». D’aucuns déplorent le fait qu’il n’a fait aucune allusion aux problèmes du moment.
Par Pascal Ntakirutimana et Fabrice Manirakiza
D’emblée, le président de la République déplore l’attaque perpétrée, à Vugizo, dans la nuit du 23 décembre 2023, zone Gatumba, commune Mutimbuzi, province Bujumbura où 19 civils et un policier ont été tués. « Nous terminons cette année étant dans un état d’affliction, car le Burundi vient encore une fois de perdre ses enfants à travers des massacres perpétrés par des assaillants du Mouvement Red-Tabara. » Dans la foulée, les accusations contre le Rwanda tombent. D’après le chef de l’Etat, ce mouvement rebelle a son siège au Rwanda.
« Dans le but d’éradiquer ce mouvement terroriste, des tractations entre le Burundi et le Rwanda étaient déjà en cours pour remettre ces assaillants à la justice burundaise. Mais nous venons de constater que ce dialogue était de la poudre aux yeux. Le Rwanda a plutôt continué à financer ce mouvement terroriste. » Nul ne peut ignorer, poursuit le président Ndayishimiye, qu’après avoir commis des crimes en 2015, ce mouvement s’est réfugié au Rwanda où il a bénéficié des formations terroristes. « Rappelez-vous que ces terroristes ont commis les premiers massacres à Ruhagarika en province de Cibitoke où ils ont massacré des familles et voilà qu’ils viennent de s’attaquer à la population de Gatumba. »
Selon lui, Gitega n’a ménagé aucun effort pour que ces brouilles cessent. « La communauté internationale en est témoin, car elle nous a félicités quand nous avons volontairement décidé de réouvrir nos frontières afin de permettre à nos populations de renouer leurs relations. Malheureusement, toutes ces initiatives viennent de tomber à l’eau à cause du Rwanda. »
Gitega est décidé à en découdre avec le mouvement rebelle
Le président de la République promet de prendre toutes les mesures possibles afin de préserver la sécurité de la population. « Nous demandons à la population burundaise de rester vigilante, car la base de ce mouvement terroriste est choyée chez notre voisin, le Rwanda. Nous lançons un appel encore une fois au gouvernement rwandais de revenir à la raison et de comprendre que quand la maison du voisin brûle sache que la menace plane sur la tienne. Il n’y a aucun profit pour le Rwanda quand les Burundais et les Rwandais se regardent en chiens de faïence. » Et d’annoncer que Gitega compte saisir la communauté internationale afin que cette dernière convainque le Rwanda d’extrader les chefs de ce « mouvement terroriste » pour qu’ils soient traduits devant la justice burundaise faute de quoi le Rwanda serait en train de créer des relations d’inimitiés entre les populations de ces deux pays alors qu’elles sont extérieures à ce conflit.
Sur son compte X (Twitter), le mouvement Red-Tabara revendique l’attaque du « poste-frontière de Vugizo en zone Gatumba dans la nuit de vendredi 22 décembre 2023. » Toutefois, il nie avoir tué des civils. Et d’ajouter : « Red-Tabara n’est soutenu par aucun pays, il n’a que le soutien du peuple burundais dont il porte la voix des revendications. »
Au niveau du développement économique, le président Evariste Ndayishimiye a estimé que dans 37 ans seulement le Burundi aura atteint son développement. Pour y arriver, le chef de l’Etat a annoncé une série de réalisations que le gouvernement s’engage à faire. Il y a entre autres le renforcement de la sécurité, le renforcement de la bonne gouvernance par l’entremise de la lutte contre les...
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