Le cauchemar n'en fini plus pour les habitants du Pas-de-Calais. Le département, toujours en vigilance rouge pour "crues", est touché par d'importantes inondations pour la deuxième fois en deux mois, après celles historiques de novembre. Une montée des eaux provoquée par les précipitations de ces derniers jours, mais qui pourrait être amplifiée par le niveau particulièrement haut des nappes phréatiques dans le territoire. En effet, dans le nord de la France, les eaux souterraines ont vu leur niveau augmenter en octobre et novembre et les nappes sont pleines.
Une bonne nouvelle pour les ressources en eau, mais inquiétant pour les habitants du Pas-de-Calais qui pourraient subir des inondations "par remontée de nappe". En France, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) estime qu'un tiers du territoire est à risque pour ce type de catastrophe.
Dans l'Hexagone, les inondations surviennent principalement par ruissèlement ou suite au débordement de cours d'eau provoqué par de fortes pluies. Mais une autre cause est la remontée de nappe phréatique. "Si des événements pluvieux exceptionnels surviennent et engendrent une recharge exceptionnelle, le niveau de la nappe peut alors atteindre la surface du sol et provoquer une inondation 'par remontée de nappe'", définit Géorisques.
Un tel type de montée des eaux peut provoquer l'inondation de sous-sols, de garages semi-enterrés ou de caves. Les remontées de nappe peuvent se matérialiser aussi par l'arrivée en surface de cours d'eau temporaires dans certaines vallées sèches, où ils ne coulent habituellement qu'au sein des fissures souterraines de la roche, ou par l'apparition d'étangs et de mares temporaires.
Par ailleurs, certaines nappes phréatiques sont plus susceptibles de déborder que d'autres. C'est le cas des "nappes réactives" qui sont très sensibles aux précipitations du fait de la nature de la roche qui les séparent du sol et qui donc se remplissent rapidement. Le phénomène est ainsi plus courant pour des nappes contenues dans des aquifères de type calcaires ou crayeux par exemple. "C’est le cas par exemple des calcaires jurassiques du Callovo-Oxfordien de la région de Caen et de la craie de Picardie, du Nord et de Champagne pour l’essentiel", note Géorisques. Les nappes les plus proches du sol peuvent aussi voir leurs eaux remonter plus facilement, contrairement aux réserves en eau souterraine, où l'infiltration, et donc le remplissage, est plus lent. Plusieurs années de pluviométrie excédentaire favorisent également ce type de phénomène.
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Ce phénomène "très localisé" survient "sur des territoires précis" et "est loin de concerner toute la France", rappelle néanmoins le BRGM. Dans le nord de la France et notamment dans le Pas-de-Calais, les conditions sont réunies pour qu'un tel phénomène survienne, notamment si les pluies perdurent. Pour autant, "il apparait que les inondations dans le Pas-de-Calais sont essentiellement des crues de cours d’eau", constate pour le moment l'organisme. D'après une carte réalisée par le Bureau, les zones potentiellement sujettes aux débordements de nappes sont principalement situées sur la côte atlantique, dans le sud-ouest de la France.
Ces phénomènes sont particulièrement surveillés puisqu'aujourd'hui, aucun moyen techniquement efficace n'existe pour éviter ou limiter les conséquences d'une remontée de nappe, qui peuvent être importantes. La remontée de nappes phréatiques peut ainsi provoquer des fissurations d'immeubles et la remontée de cuves enterrées, de piscines ou de canalisations, comme peut endommager les réseaux routiers et ferroviaires.
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