Claudine Gay est partie. Le scandale de plagiat du président de Harvard, qui s’est lentement allumé, s’est finalement transformé en une véritable conflagration que ni elle ni l’université n’ont pu enrayer. Après des semaines d'accusations croissantes, plusieurs nouveaux cas de plagiat présumé découverts lundi soir – ajoutés à une quarantaine d'exemples précédents – semblent avoir été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Sa démission a été présentée hier après-midi.
Le militant conservateur Christopher Rufo, qui a contribué à lancer cette controverse lorsque lui et son collègue conservateur Christopher Brunet ont lancé une série d'accusations contre Gay le mois dernier, a passé les dernières 24 heures à faire un tour de victoire. C’est à ce contexte inconvenant que les universitaires progressistes s’accrochent : dans leur esprit, un président d’université a succombé à la pression conservatrice. Et ce fait fait fondre leurs cerveaux et efface leurs normes de conduite professionnelle. Comme l’a déclaré Charles Fried, de Harvard Law, au New York Times : « Cela fait partie de cette attaque d’extrême droite contre les institutions d’élite. » Et : « Si cela venait d’un autre côté, je lui accorderais peut-être un certain crédit… Mais pas de la part de ces gens-là. » Même si la révolte des donateurs et les campagnes de pression des conservateurs contre les universités d’élite – et, plus important encore, contre les universités publiques – sont profondément inquiétantes, la réponse de certains professeurs progressistes à ce scandale de plagiat ne fera qu’empirer les choses.
Le vrai scandale de l’affaire Claudine Gay, ce n’est pas la présidente de Harvard et son plagiat. Le véritable scandale est que tant de journalistes et d’universitaires étaient disposés, et sont toujours disposés, à redéfinir le plagiat en fonction de leurs opinions politiques. Les partisans de Gay ont systématiquement eu recours au double langage orwellien – « langage dupliqué », « négligence » académique et « problèmes d’attribution technique » – dans un effort désespéré pour insister sur le fait que la suppression de paragraphes entiers de l’ouvrage d’un autre chercheur, presque mot pour mot, sans citation ni citation, ce n'est pas du plagiat. Ou que s’il s’agit de plagiat, ce n’est qu’un détail technique. Ou que nous le faisons tous. (Peu de temps après que Rufo et Brunet aient formulé leurs premières accusations le mois dernier, Gay a publié une déclaration disant : « Je maintiens l'intégrité de ma bourse. » Elle n'a pas abordé ces allégations de plagiat ni celles qui ont suivi dans sa lettre de démission.)
Rufo a remporté cette ...
[Courte citation de 8% de l'article original]