Dans ses vœux aux Français prononcés le 31 décembre au soir, Emmanuel Macron a remercié "tout particulièrement" l'action de sa Première ministre et de son gouvernement pour leur travail en 2023. Bon ou mauvais signe ? Présage d'une volonté de la maintenir en poste ou derniers remerciements publics avant de se séparer d'elle ? Alors que les rumeurs de remaniement sont de plus en plus pressantes, relancées par l'annulation et le report du Conseil des ministres prévu ce mercredi, le sort de la cheffe du gouvernement est-il joué ?
"Élisabeth Borne, c'est terminé. N'oublions pas comment il avait défendu Pap Ndiaye en Conseil des ministres avant de le virer. C'est un bon indicateur de la façon dont il fonctionne", a relevé un conseiller du gouvernement dans les colonnes du Parisien à propos de ces remerciements. "Emmanuel Macron veut changer rapidement de Premier ministre, sans doute avant le week-end", croit savoir un autre éminent conseiller, toujours cité par le journal francilien, présageant la nomination de nouveaux "ministres d'ici à mercredi prochain".
Mais d'autres prennent soin de rappeler qu'avec le président de la République, "tout est possible, y compris rien". Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'annoncée partante, Élisabeth Borne réussirait à sauver sa place à la tête du gouvernement. Interrogée sur son avenir par Franceinfo depuis la Guyane, où ironie du sort elle a été décorée d'une médaille qui récompense les militaires aptes à survivre dans la jungle, la principale intéressée a sèchement répondu : "Je vous remercie de votre question mais je pense qu'on aura l'occasion d'y revenir prochainement."
Le 20 décembre dernier sur France 5, le président de la République avait dit souhaiter entamer l'année 2024 "avec un nouveau cap" pour tourner définitivement la page d'une année 2023 compliquée, marquée par l'adoption dans la douleur d'une réforme des retraites et d'une loi immigration qui a créé une vraie crise politique au sein de la majorité. Si Élisabeth Borne, chargée des négociations avec la droite, a dit avoir "le sentiment du devoir accompli" après l'adoption de ce texte grâce aux voix de l'extrême droite, sera-ce l'avis du chef de l'État ?
Dans la majorité, quelques-uns comme le président du MoDem, François Bayrou, semblent réclamer sa tête. "Je pense qu'il va falloir un nouveau départ et je pense que tout ça a été éclairé par ce que nous avons vécu ces dernières semaines et depuis un an et demi", disait-il fin décembre sur Sud Radio. Si le maire de Pau ne s'était pas prononcé clairement sur le sort d'Élisabeth Borne, il s'était bien gardé de lui apporter son soutien ou de louer son travail des dernières semaines.
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Mais par qui remplacer la Première ministre ? Actuellement, deux noms circulent avec plus d'insistance que d'autres : ceux du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, et du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. En nommant l'un ou l'autre, le chef de l'État assumerait clairement de prendre un virage à droite, au risque de froisser un peu plus son aile gauche. À l'inverse, un Premier ministre marqué trop à gauche serait synonyme de difficultés à créer des alliances et des coalitions nécessaires à l'Assemblée nationale, où le camp présidentiel ne bénéficie pas de la majorité absolue. Le casse-tête ne fait que commencer.
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