Des propos d'une rare violence. C'est "un fait accompli qu'une guerre peut éclater à tout moment dans la Péninsule coréenne en raison des mouvements imprudents des ennemis visant à nous envahir", a déclaré dimanche Kim Jong Un. Dans un long discours, au terme d'une réunion de cinq jours du comité central du Parti des travailleurs de Corée, grand-messe de fin d'année qui fixe les orientations stratégiques du pays, l'omnipotent dirigeant nord-coréen a ordonné à ses forces armées de maintenir "une capacité de réponse écrasante à la guerre".
Nous devons réagir rapidement à une éventuelle crise nucléaireKim Jong-Un
Loin d'écarter l'hypothèse d'un conflit nucléaire, le dictateur se dit prêt à toutes éventualités. "Nous devons réagir rapidement à une éventuelle crise nucléaire et continuer à accélérer les préparatifs pour pacifier l'ensemble du territoire de la Corée du Sud en mobilisant tous les moyens et forces physiques, y compris la force nucléaire, en cas d'urgence", a-t-il ainsi estimé. Il n'a, à ce titre, pas épargné les États-Unis, accusés de jouer un jeu dangereux dans la région par le biais de "divers types de menaces militaires".
Dans un effort de dissuasion, les forces armées américaines ont envoyé en Corée du Sud ces derniers mois le sous-marin à propulsion nucléaire USS Missouri, le porte-avions USS Ronald Reagan et un bombardier stratégique B-52, provoquant à chaque fois la colère de Pyongyang, qui y voit une "provocation intentionnelle d'une guerre nucléaire".
En 2023, la Corée du Nord a procédé à un nombre record d'essais de missiles balistiques, en violation de nombreuses résolutions de l'ONU le lui interdisant. Elle a gravé dans sa Constitution son statut de puissance nucléaire, et a testé avec succès le Hwasong-18, le missile balistique intercontinental (ICBM) le plus puissant de son arsenal, capable d'atteindre les États-Unis. Par ailleurs, après deux échecs successifs en mai et en juin, elle a mis en orbite avec succès en novembre son premier satellite d'observation militaire, le "Malligyong-1". Un coup de force rendu possible par un coup de pouce technologique de la part de la Russie, dans un contexte de rapprochement entre les deux pays liés à l'isolement international de Vladimir Poutine suite à l'invasion de l'Ukraine, affirment les services de renseignement sud-coréens.
Nous ne devrions pas considérer ceux qui nous déclarent comme ennemi principal comme partenaire pour la réconciliationKim Jong Un
Ces derniers mois ont aussi marqué une nette dégradation des relations entre le Nord et le Sud de la péninsule, qui ont récemment atteint leur point le plus bas après l'espoir d'une future réconciliation marqué par les rencontres successives entre les deux dirigeants de l'époque Kim Jong Un et Moon Jae-in. Ce projet d'apaisement voire d'unification semble désormais mort et enterré. "Je pense que c'est une erreur que nous ne devrions plus commettre de considérer ceux qui nous déclarent comme ennemi principal (...) comme partenaire pour la réconciliation et l'unification", a déclaré le successeur de Kim Jong-il.
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De ce fait, il a ordonné un remaniement des administrations gérant les relations avec le Sud afin de "changer fondamentalement de direction".
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