Mise en scène Bob Wilson, au Théâtre Municipal du Pirée
Quoi qu'il en soit, espérons-le, il aura quatre-vingt-deux ans : le principal metteur en scène, qui a redéfini le concept du théâtre, prouve à chaque fois à quel point il est nécessaire de regarder le monde à travers ses yeux.
Contre toute représentation naturaliste, Wilson s'entête à opposer le bruissement du taffetas, le maquillage blanc, les coiffures élaborées, le sourire narquois de la marionnette, la géométrie des formes et des volumes, la répétitivité musicale des phrases, le contrepoint des sons, des lignes, des couleurs, la sculpture de la lumière, le « cadre » parfait, la puissance visuelle enchanteresse et irrésistible du monde scénique qui a été magistralement façonné, pendant des décennies, avec une esthétique sans précédent, rendant visible ce que la perception commune croit être invisible.
Reni Pittaki, Karyofyllia Karabeti et Loukia Michalopoulou incarnent la vision wilsonienne avec une précision sans précédent, une chaleur intacte et un punch raffiné, transmettant une rare euphorie d'acteur au spectateur.
Une femme de quatre-vingt-dix ans est mourante, et pourtant aucun sentiment de résignation, d'amertume ou de désespoir n'est véhiculé sur la scène. Des mots, des exclamations, des sons de surprise et d'admiration, des rires petits et grands, un gazouillis incessant, un flux et reflux de bavardages insensés exorcisent toute mélancolie existentielle, piétinent gracieusement toute agonie mortelle, marchent intrépidement jusqu'au bout, chantant l'excès de l'existence au fil du temps. c'est naturel.
Devant la perspective d'une décomposition biologique se dressent triomphalement la composition créatrice vivifiante, le romantisme de l'imagination, la joie du rire, la joie du déguisement, le processus sélectif de la pensée, l'esprit qui mécanise, le corps qui redresse diligemment son corps. stature et revendications : C'est le triomphe de l'artiste – mais aussi de l'homme – sur l'anarchie de la décadence, sur toutes les forces négatives qui menacent de drainer l'affirmation de la volonté.
Reni Pittaki, Karyofyllia Karabeti et Loukia Michalopoulou incarnent la vision wilsonienne avec une précision sans précédent, une chaleur intacte et un punch raffiné, transmettant une rare euphorie d'acteur au spectateur.
Retrouvez plus d'informations sur le spectacle "Three Tall Women" ici.
Réalisé par Evripides Laskaridis, à la Fondation Onassis
Le monde de Laskaridis est avant tout une construction esthétique. Ses créatures ne sont pas faites de chair et d'os, mais d'accessoires de théâtre, perruques, masques, chaussures, paillettes. Ils ne parlent pas le langage humain, mais s'expriment dans un langage inventé, avec des voix mécaniquement mutées, avec des cris de films d'horreur, avec l'hystérie du mélodrame.
Des divas fémini...
[Courte citation de 8% de l'article original]