Un vendredi plus tôt ce mois-ci, alors que le Dr Daouda Diallo sortait du bureau des passeports de la capitale du Burkina Faso, pays d'Afrique de l'Ouest, quatre hommes l'ont attrapé dans la rue, l'ont poussé dans un véhicule et sont partis.
Le Dr Diallo, un pharmacien devenu militant des droits de l'homme qui a récemment reçu un prix prestigieux pour son travail en faveur des droits de l'homme, n'a plus eu de nouvelles depuis ce jour, le 1er décembre.
Mais quatre jours plus tard, une photo du Dr Diallo, 41 ans, portant un casque et tenant un fusil Kalachnikov, publiée sur les réseaux sociaux, confirmant apparemment les craintes de sa famille et de ses collègues selon lesquelles il avait été enrôlé de force dans l'armée. Le Dr Diallo et une douzaine d'autres personnes actives dans la vie publique avaient été informés par les forces de sécurité en novembre qu'ils seraient bientôt enrôlés pour aider le gouvernement à sécuriser le pays, selon des groupes de défense des droits internationaux et locaux.
Puis, la veille de Noël, deux hommes en civil ont sonné à la porte d'Ablassé Ouedraogo, ancien ministre des Affaires étrangères et leader de l'opposition. Il a été emmené et on ne sait toujours pas où il se trouve, selon Faso Autrement, son parti politique.
Le Burkina Faso, un pays auparavant stable et enclavé de 20 millions d'habitants, a été déchiré au cours des huit dernières années par la violence de groupes extrémistes vaguement affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique.
Dans le chaos qui a suivi, le pays a connu deux coups d'État en seulement 10 mois, le deuxième l'année dernière par une junte militaire promettant de contenir les groupes militants par tous les moyens.
Le Dr Diallo et M. Ouedraogo font partie d'au moins 15 personnes qui ont récemment disparu ou ont été enrôlées de force, selon des groupes de défense des droits humains et des avocats. La liste comprend des journalistes, des militants de la société civile, un anesthésiste et un imam, qui ont tous critiqué la junte pour son échec à vaincre les insurgés et pour ses exactions contre les populations qu'elle est censée protéger.