Avec Depardieu, le cinéma français sait que son #MeToo n’est pas terminé

M.P. avec AFP - 20minutes - 26/12
Six ans après le début de l’affaire #MeToo à Hollywood, et la chute du producteur Harvey Weinstein, les temps seraient-ils en train de changer en France ?
L'acteur Gérard Depardieu sur scène
L'acteur Gérard Depardieu sur scène — Marwan Naamani / Polaris / Starface
  • Comme chaque année, la rédaction de 20 Minutes vous accompagne durant les fêtes de décembre. Et comme chaque à cette période, on revient sur l’année écoulée et on prévoit celle à venir.
  • Jusqu’au 31 décembre, retrouvez tous les grands événements de 2023, des plus catas aux plus sympas. Dans ce 3e épisode, retour sur l’affaire Depardieu et le #MeToo du cinéma français.
  • Six ans après le début de l’affaire #MeToo à Hollywood, et la chute du producteur Harvey Weinstein, les temps seraient-ils en train de changer en France ?

Le public l’admirait pour ses frasques, la profession s’accommodait de ses débordements. Les révélations sur le comportement de Gérard Depardieu envers les femmes jettent en 2023 une lumière crue sur la prise de conscience du cinéma français en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Icône nationale au même titre qu’Alain Delon ou Brigitte Bardot, connu dans le monde entier, Depardieu a longtemps semblé bénéficier d’une certaine indulgence. Et ce, même après sa mise en examen pour viols, en 2020, à la suite d’une plainte d’une comédienne alors âgée d’une vingtaine d’années, Charlotte Arnould.

Depardieu, un monstre sacré devenu radioactif

Depuis la diffusion début décembre, sur la chaîne de télévision France 2, d’une séquence tournée cinq ans plus tôt en Corée du Nord, le monstre sacré semble radioactif. Sur ces images, l’acteur, qui conteste les accusations le visant, multiplie propos misogynes et insultants en s’adressant à des femmes, n’épargnant pas une fillette de ses propos obscènes.

Concomitamment, une deuxième plainte pour agression sexuelle a été déposée contre lui par la comédienne Hélène Darras, pour des faits a priori prescrits, remontant à 2007 sur un tournage. Depuis, de rares mea culpa se sont fait entendre. « Nous sommes tous un peu coupables » a reconnu sur France 2 le président du syndicat des producteurs de cinéma, Marc Missonnier. « Il y avait une tolérance (à l’égard de Depardieu) qui est une erreur. » L’actrice Anouk Grinberg, qui le connaît depuis trente ans et n’a pris que récemment la parole pour épauler Charlotte Arnould, a dénoncé à nouveau lundi, sur la Radio France Inter, la « monstruosité » de Depardieu. « C’était un monstre sacré du cinéma mais tout le monde l’a autorisé à être un monstre tout court », a-t-elle insisté, appelant à mettre fin à « l’autre monstruosité, (…) celle des gens du cinéma qui sont indifférents au mal qu’on fait aux femmes, aux humiliations qu’on leur inflige ».

Changement d’ambiance dans le 7e art tricolore

Mais le vent tourne : boulimique des tournages, Depardieu a dû mettre fin octobre sa carrière en pause, renonçant à prêter sa voix au prochain film d’animation de Michel Hazanavicius, le réalisateur de The Artist. Et il a été écarté de la promotion d’Umami, au printemps dernier. Avec 50.000 entrées, le film a été un cuisant échec. France Télévisions, dont un responsable a jugé qu’il ne fallait plus « célébrer » Depardieu, se garde toutefois de censurer les œuvres d’une figure majeure du patrimoine cinématographique national. Le groupe de télé pu...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...