Le Canada a connu de gigantesques incendies cette année, avec 18 millions d’hectares concernés.Mais ces forêts entières n’ont pas été totalement ravagées.Les arbres brûlés en surface sont souvent exploitables par les entreprises forestières.
Cet été, au Québec, en une seule journée, quelque 3.000 coups de foudre se sont abattus sur un sol forestier en proie à la sécheresse. Comme une traînée de poudre, 140 incendies ont démarré au même moment. Au total, ce sont près de 5 millions d'hectares de forêt boréale qui ont été ravagés par ces méga-feux.
Course contre la montre
Quatre mois après, dans la majeure partie de ces troncs noircis, il y a encore du bois vivant, dont la fibre n'a pas été changée en carbone, comme on le voit dans le reportage en tête de cet article. Les exploitations forestières essaient d'en ramasser le plus possible, pour satisfaire leurs principaux clients : l’industrie papetière, très exigeante, et la construction, auxquelles ces résineux sont dédiés, au Québec. Mais il faut aller vite, car des insectes menacent. En quelques semaines, les larves de longicornes peuvent creuser des galeries dans les troncs, les disqualifiant pour toute exploitation.
Sur une zone d'exploitation, des hommes réussiront à collecter quelque 8.000 m³ de bois seulement. Mais plus au nord, ce sont quelque 150.000 m³ de bois qui, eux, périront à jamais. Des communautés amérindiennes se sont opposées à leur collecte et les autorités québécoises leur ont donné raison. Les autochtones veulent reconquérir des territoires de pêche ou de chasse, là où l'exploitation forestière s'était imposée.
