Une nouvelle étude confirme qu’Encelade renfermerait bien de nombreux ingrédients clés du vivant, tout comme de multiples sources d’énergie. Plus que jamais, cette petite lune glacée de Saturne s’affirme comme l’un des candidats les plus prometteurs dans la recherche d’une vie extraterrestre.
au sommaire
[EN VIDÉO] Les derniers regards de Cassini autour de Saturne Les toutes dernières images de la sonde Cassini avant son plongeon final dans l'atmosphère de...
Si d'autres formes de vie existent quelque part dans notre Système solaire, EnceladeEncelade semble de plus en plus être l'une des destinations les plus prometteuses pour en trouver. Cela fait quelque temps désormais que cette petite lune glacée de SaturneSaturne attire l'attention des scientifiques. La sonde Cassini ainsi que le télescope James-Webb ont en effet déjà révélé la présence d’eau et de molécules organiques dans les gigantesques geysersgeysers qui animent régulièrement la surface de la petite lune.
On sait qu'Encelade contient donc certains des éléments les plus essentiels au développement d'une activité biologique : de l'eau et des briques élémentaires du vivant. À cela, une nouvelle étude apporte des preuves supplémentaires mettant un peu plus Encelade dans le petit panier des astres pouvant accueillir la vie.
Des molécules fondamentales pour la formation d’acides aminés découverts dans les geysers d’Encelade
L'analyse de données acquises par la sonde Cassini a en effet permis d'affiner notre connaissance de la composition des geysers glacés d'Encelade. Si de précédentes études avaient déjà mis en avant la présence de H2O, CO2, CH4, NH3 et H2, cette nouvelle étude montre que le matériel éjecté comprendrait également d'autres éléments, certes en moindre quantité, mais qui renforcent l'idée que la lune présenterait des conditions d’habitabilité favorables sous sa croûte de glace.
Du cyanure d'hydrogène (HCN), de l'acétylène (C2H2), du propène (C3H6) et de l'ethylenyl (C2H3) ont en effet été identifiés dans les geysers crachés par la petite lune. Parmi ces molécules organiques, la découverte de cyanure d'hydrogène a été particulièrement excitante, révèle Jonah Peter, auteur principal de l'étude, dans le communiqué de presse de la Nasa. Le cyanure d'hydrogène possède en effet la particularité de pouvoir être agencé de multiples manières et est donc considéré comme l'une des plus importantes molécules pour la formation d'acides aminésacides aminés, qui représentent les briques de base du vivant. Retrouver ce type de molécule dans les geysers d'Encelade, avec autour une foule de composés organiques ayant la capacité de soutenir des réactions métaboliques, est donc extrêmement encourageant. De là à penser que les océans d'eau liquideliquide que cache Encelade puissent contenir des biomolécules complexes, il n'y a qu'un pas.
Les ingrédients du vivant réunis mais reste la question de l’énergie
Un pas qu'il ne faut pas sauter trop vite. Car ce n'est pas parce qu'on mélange simplement du beurre, de la farine, du sucresucre et des œufs qu'on obtient un gâteau. L'étape de cuisson, autrement dit les conditions du milieu et notamment l'apport énergétique, est l'une des étapes clés pour avoir un résultat mangeable. C'est la même chose sur Encelade. La présence de tous les ingrédients essentiels à l'apparition de la vie est un point majeur. Reste à savoir si le four est bien réglé.
Plusieurs observations suggèrent que oui. D'un côté la présence combinée de dioxyde de carbonedioxyde de carbone, de méthane et d'hydrogène suggère qu'un processus de méthanogenèse se produit dans les océans d'Encelade. Un processus qui, sur Terre, a été crucial pour l'apparition de la vie en ayant apporté une source d'énergieénergie chimique. L'étude révèle cependant que la petite lune renfermerait d'autres sources d'énergie bien plus puissantes. Les chercheurs ont en effet découvert dans les panaches des geysers des composés organiques oxydés. Or, les processus d'oxydationoxydation sont capables de produire de grandes quantités d'énergie chimique. La présence de diverses sources énergétiques est en elle-même une information importante et plus qu'encourageante. Si tous les voyants sont donc au vert, il reste toutefois à accomplir l'ultime étape pour savoir si les océans d'Encelade sont animés par une quelconque activité biologique : envoyer une sonde percer cette épaisse croûtecroûte de glace. Un défi scientifique exaltant qui n'est cependant pas encore à l'ordre du jour.
Vie extraterrestre : l'analyse des geysers d'Encelade et Europe s'annonce prometteuse
Article de Laurent Sacco...
[Courte citation de 8% de l'article original]