Un plus bas depuis 2002. En 2023, 45 journalistes dans le monde ont été tués en faisant leur métier, contre 61 l'an passé, et ce malgré la "tragédie" de la guerre Israël-Hamas, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) mis en ligne jeudi 14 décembre. Il faut remonter à plus de vingt ans pour trouver un total plus bas que cette année (33 en 2002), où plus du tiers des pertes (17) est lié au conflit qui ravage actuellement le Proche-Orient, dont 13 rien que dans la bande de Gaza. En 2012 et en 2013, ils étaient plus de 140 à perdre la vie, du fait, principalement, des guerres en Syrie et en Irak.
"Sur le plan global, il apparaît que le nombre de journalistes tués dans l'exercice ou en raison de leurs fonctions est en forte baisse : une baisse sur une longue période", salue le secrétaire général de l'ONG, Christophe Deloire. "Les raisons ? Les mesures de sécurité dans les rédactions, les formations et l'attribution de matériel de protection, la prudence, les effets de la lutte contre l'impunité et l'action des organisations intergouvernementales. Le travail des ONG fait sans doute effet aussi..."
🔴 #BilanRSF 2023 : 45 journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions, dont près de 30% à #Gaza , 521 détenus, 84 disparus et 54 otages dans le monde. Un bilan qui exige justice, liberté et sécurité pour les journalistes. https://t.co/gWB2Ng7eGv pic.twitter.com/HMD9bB4H4A — RSF (@RSF_inter) December 14, 2023
Mais, comme il l'affirme, "cela ne réduit en rien la tragédie à Gaza". "À Gaza, les journalistes paient un lourd tribut parmi les civils", déplore le patron de RSF. Dans le détail, outre les 13 journalistes ayant péri "sous des tirs israéliens" dans l'enclave palestinienne, selon l'ONG, cette guerre a causé la mort d'un journaliste en Israël, tué par le Hamas, et de trois autres au Liban.
Une enquête de l'AFP, publiée la semaine dernière, sur le bombardement dans le sud du Liban, qui a tué, le 13 octobre, un journaliste vidéo de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et en a blessé six autres, dont la photographe de l'AFP Christina Assi, grièvement atteinte, désigne un obus de char israélien. Interrogé sur ce sujet, un porte-parole de Tsahal avait souligné que le lieu où se trouvaient les journalistes était "une zone de combat active". Des explications "pas satisfaisantes", selon Christophe Deloire, qui estime qu'"il y a beaucoup d'éléments pour qu'Israël soit mis face à ses responsabilités".
Selon le décompte mondial, arrêté au 1er décembre, le conflit en Ukraine a, quant à lui, coûté la vie à deux journalistes en 2023, dont le reporter de l'AFP, Arman Soldin, tué lors d'une attaque de roquettes près de Bakhmout. Il est le "seul journaliste à avoir perdu la vie dans un autre pays que le sien", sur un total de 11 depuis l'invasion russe, lancée le 24 février 2022.
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Le Mexique, zone la plus meurtrière pour la profession derrière la bande de Gaza, en compte 4 en 2023, contre 11 l'année dernière. Mais cela ne signifie pas que la sécurité s'y améliore pour la presse, "comme le démontrent les trois enlèvements de reporters et les attaques armées contre quatre journalistes en fin d'année 2023", note le rapport. D'ailleurs, sur un total de 84 journalistes portés disparus, près d'un sur trois est mexicain, relève l'ONG. Le nombre de journalistes détenus dans le monde s'élève quant à lui à 521, contre 569 en 2022, la Biélorussie devenant "l'une des trois plus grandes prisons du monde avec la Chine et la Birmanie", tandis que la Turquie et l'Iran pratiquent les emprisonnements à répétition.
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