Il s’agit, à mon avis, du 12e livre de Robert Service qui aborde la révolution russe, que ce soit de manière substantielle ou tangentielle. Jusqu’à présent, nous avons eu un triptyque biographique sur Staline, Trotsky et Lénine ; une trilogie sur le dernier ; deux grandes enquêtes sur la Russie moderne ; une monographie sur le dernier tsar et une autre sur les bolcheviks ; et un compte général pour les étudiants. À présent, il pourrait produire une autre histoire en pilote automatique. Heureusement, il est trop intelligent pour cela. Ce que nous avons ici est l’œuvre d’une vie, un volume de réflexion attentif à la géopolitique locale, à l’art et à la culture, à la haute société et aux affaires des gens ordinaires. S’il avait présenté une tranche plus large de l’histoire, englobant la consolidation du stalinisme plutôt que de terminer le récit avec la disparition de Lénine, il aurait pu prétendre, avec quelque justification, avoir écrit le mot définitif sur la révolution.
Au fil des années, Service a acquis une réputation d’impartialité impeccable, presque suffisante. Cela présente des forces et des faiblesses. D’une part, il n’offre aucune des envolées d’imagination littéraire qui font, par exemple, de la vie à trois étages de Trotsky d’Isaac Deutscher un récit si captivant. En revanche, Service est une usine anti-hagiographique composée d’un seul homme. Stakhanoviste parmi les stylistes, il classe de manière ...
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