COP28 : pourquoi limiter le réchauffement des températures à +1,5°C est crucial ?

LCI - 12/12
[VIDÉO] - Les acteurs de la COP28 tentent toujours de trouver un accord, ce mardi, notamment sur les énergies fossiles. Des énergies qui mettent en danger l'objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Mais pourquoi ce chiffre est-il si important et comment a-t-il été fixé ?

Les acteurs de la COP28 tentent toujours de trouver un accord, ce mardi, notamment sur les énergies fossiles.
Des énergies qui mettent en danger l'objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle.
Mais pourquoi ce chiffre est-il si important et comment a-t-il été fixé ?

Garder les 1,5°C en vie. C'est l'un des défis que doivent relever les acteurs de la COP28, alors que les négociateurs des pays qui participent au sommet sur le Climat de l'ONU tentent toujours de trouver un accord, mardi 12 décembre. En jeu : les énergies fossiles, dont les émissions de gaz à effet de serre sont les principales responsables du changement climatique et mettent en danger la limite cruciale de 1,5°C de réchauffement des températures par rapport à l'ère pré-industrielle.

Une marque devenue emblématique avec la COP21 à Paris, en 2015, l'un des premiers sommets sur le climat où les experts d'un groupe de travail de l'ONU ont tiré la sonnette d'alarme sur les effets catastrophiques du réchauffement des températures mondiales. Une alerte qui a donné naissance aux Accords de Paris, où 195 pays se sont engagés à limiter "l'augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels" et de poursuivre les efforts "pour limiter l'augmentation de la température de 1,5°C" pour éviter un changement climatique dangereux. Un chiffre devenu, depuis, une référence absolue.

Pourquoi 1,5°C ?

Selon le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), l'écart de 1,5°C est calculé comme une hausse des températures mondiales comparées à la moyenne de la période pré-industrielle (1850-1900). Si chaque dixième de degré d'augmentation des températures aggrave les effets du changement climatique, le seuil de 1,5°C représente un niveau de réchauffement où les dommages deviennent si étendus ou si sévères qu'ils menacent les économies, les écosystèmes et l'agriculture.

"Le chiffre de 1,5°C n'est pas une statistique choisie au hasard. Il indique le point à partir duquel les effets du climat seront de plus en plus néfastes pour les populations et pour la planète entière", explique le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas. Au-delà de ce seuil, les scientifiques estiment que la planète pourrait franchir des "points de bascule" irréversibles, comme la fonte des sols gelés qui accélérerait un peu plus la hausse des températures ou la transformation de la forêt amazonienne en savane. En d'autres termes, à +1,5°C, les conditions de vie sur Terre seront plus compliquées, mais il sera possible de s'adapter. Une adaptation encore possible à 2°C, mais les scientifiques estiment qu'au-delà, les limites de l'adaptation pourraient être atteintes.

À titre d'exemple, le rapport du Giec sur les effets d'un réchauffement à +1,5°C publié en 2019 pointe que "les extrêmes de température des journées chaudes pourraient augmenter d’environ 3°C aux latitudes moyennes pour un réchauffement planétaire de 1,5°C et d’environ 4°C pour un réchauffement de 2°C. Les extrêmes de température des nuits froides pourraient augmenter d’environ 4,5°C aux latitudes élevées pour un réchauffement de 1,5°C et d’environ 6°C environ pour un réchauffement de 2 °C". Autre exemple : en cas de réchauffement à 1,5°C, l'élévation du niveau moyen de la mer à l'échelle du globe devrait être inférieure d'environ 10 centimètres à celle correspondant à un réchauffement de 2°C alors que la hausse du niveau de l'océan se poursuivra "bien au-delà de 2100". 

"Les projections fournies par les modèles pour ce qui concerne l’élévation du niveau moyen de la mer à l’échelle du globe (par rapport à la période 1986-2005) suggèrent une fourchette indicative de 26 à 77 cm d’ici à 2100 pour un réchauffement planétaire de 1,5°C, soit 10 cm (4 à 16 cm) de moins que pour un réchauffement planétaire de 2°C", pointe le Giec. Concernant la biodiversité, à +1,5°C, 4% des mammifères perdront la moitié de leur habitat, un taux qui monte à 8% à +2°C et à 41% dans un scénario catastrophe à +4,5°C. 

Un seuil compromis ?

Pourtant, cet objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C apparaît de plus en plus compromis. Selon la dernière évaluation publiée par le Giec, les températures mondiales se sont en effet déjà élevées de... 1,2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, alors que, le 20 novembre dernier, l'ONU a estimé que les engagements pris avant la COP28 par les pays plaçaient la planète sur une trajectoire de réchauffement allant jusqu'à 2,9°C au cours de ce siècle. Selon l'OMM, il existe 50% de probabilité que la température moyenne mondiale dépasse le seuil de 1,5 °C au cours des cinq prochaines années. "L'humanité marche sur une fine couche de glace et cette glace fond vite", a ainsi alerté en mars dernier le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. 

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