La dissolution, seule solution pour sortir de la crise politique ?

LCI - 12/12
[VIDÉO] - Comment sortir de l'impasse provoquée par l'adoption de la motion de rejet présentée par l'opposition pour stopper l'examen du projet de loi immigration ? Plusieurs élus, y compris dans la majorité, proposent une dissolution de l'Assemblée nationale. Une solution rejetée par le gouvernement, qui aujourd'hui préfère tout miser sur la conclusion d'un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire.

Comment sortir de l'impasse provoquée par l'adoption de la motion de rejet présentée par l'opposition pour stopper l'examen du projet de loi immigration ?
Plusieurs élus, y compris dans la majorité, proposent une dissolution de l'Assemblée nationale.
Une solution rejetée par le gouvernement, qui aujourd'hui préfère tout miser sur la conclusion d'un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire.

En s'alliant pour mettre en échec le gouvernement, l'opposition a-t-elle ouvert la boîte de Pandore ? Le rejet du projet de loi immigration via l'adoption d'une motion de rejet préalable, lundi à l'Assemblée nationale, est-il appelé à se reproduire ? Pour la première fois depuis le début du quinquennat, le gouvernement a vu les conséquences de sa majorité relative à l'Assemblée nationale. Il craint que cela se reproduise à l'avenir devant son manque de succès à nouer des alliances et à construire des coalitions. Pour y remédier, la solution est-elle la dissolution ?

Elle a été réclamée par le chef des sénateurs de la majorité François Patriat sur LCI. "On l'a vu sur les retraites, on le voit sur l'immigration", "aujourd'hui, ça coince terriblement", a-t-il déclaré, constatant notamment l'impossibilité de l'exécutif à se mettre d'accord avec Les Républicains et à tisser des accords pérennes. "Cette Assemblée, je ne vois pas comment elle peut tenir jusqu'au bout d'une législature. (...) Un moment viendra où je pense que la dissolution devra s'imposer."

"Il faut revenir au peuple"

La dissolution de l'Assemblée nationale et l'organisation de nouvelles élections, c'est aussi ce que réclame le Rassemblement national. "Face à cette crise politique majeure, il faut revenir au peuple. Et l'un des moyens de revenir au peuple, qui est en démocratie le souverain ultime, c'est la dissolution de l'Assemblée nationale", a déclaré le président du parti Jordan Bardella mardi matin sur BFMTV. "La seule voie honorable quand on est confronté à une crise politique majeure, c'est d'en revenir au peuple", a-t-il développé, jugeant à propos du camp présidentiel qu'"à force d'avoir érigé le 49.3 en méthode de gouvernement, ils ont oublié qu'ils étaient minoritaires".

"Bien sûr, la vraie solution ce serait le retour devant le peuple souverain", écrivait aussi l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon dans une note publiée lundi soir sur son blog, avant que la cheffe des députés LFI Mathilde Panot indique ce mardi en conférence de presse que son groupe n’appelait "pas particulièrement" à une dissolution. Toutefois, "dans le cas où le président de la République voudrait sortir par le haut de l’impasse et de la crise politique dans lequel ils ont mis le pays et qu’il voudrait retourner devant les urnes, évidemment nous y sommes prêts", a-t-elle assuré. 

Darmanin prêt à redevenir "un député parmi les autres"

C'est ce qu'assurent les élus de gauche et de la majorité. A commencer par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, à qui Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ont renouvelé leur confiance. "Personnellement j'ai toujours dit que je n'avais jamais eu peur des électeurs. (...) Je suis un député parmi les autres et je serai à disposition du président de la République", a-t-il déclaré tôt ce mardi matin depuis un commissariat du Val-de-Marne, au lendemain du camouflet infligé par l'Assemblée nationale. 

Toutefois, à l'heure actuelle, le gouvernement rejette cette solution. A l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a assuré qu'il n'était "pas en accord" avec la nécessité d'une dissolution de l'Assemblée nationale. "Nous avons adopté plus de 50 textes en un an et demi au Parlement", a-t-il précisé, vantant le bilan du gouvernement. "Les Français ont souhaité qu'on ne puisse pas décider seuls, moi, c'est ainsi que j'entends le message politique envoyé par les Français en juin 2022." 

Ce n'est pas non plus une solution pour laquelle poussent Les Républicains, conscients qu'ils auraient plus à y perdre qu'à y gagner (tout comme la majorité). "Avec le gouvernement, si on n'obéit pas au doigt et à l'œil, il menace l'Assemblée nationale de la dissolution", a dénoncé sur LCI Olivier Marleix, chef de file des députés LR à l'Assemblée nationale. "Si on veut que le Parlement travaille respectueusement, il faut peut-être changer de ton."

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