Sur une dépendance basse blanchie à la chaux sur le terrain du HMP Grendon, à proximité de doubles rangées de hautes clôtures de barbelés, une image d'Elvis en cow-boy avec la tête à mulet orange de David Bowie a une silhouette surréaliste. L’image annonce un nouveau studio-galerie d’art dans la seule prison entièrement thérapeutique d’Europe, où 260 détenus – dont 70 % sont des condamnés à perpétuité – passent cinq jours par semaine en thérapie pour faire face à leurs crimes. «Nous sommes la seule prison du pays qui ne dispose pas d'unité d'isolement mais d'une galerie d'art», explique Richard Shuker, chef des services cliniques de Grendon.
L'œuvre Bowie/Elvis fait partie d'une exposition intitulée Imposter Syndrome de l'artiste Dean Kelland, fruit d'une résidence de près de cinq ans organisée par la Ikon Gallery de Birmingham dans la prison pour hommes de catégorie B, située dans la campagne du Buckinghamshire. Un groupe d’entre nous a traversé ces immenses clôtures grillagées, au-delà des barrières de sécurité et d’un chien renifleur, pour visiter l’exposition de Kelland ainsi qu’une présentation des œuvres d’art des détenus. Malgré toutes ces précautions, une ambiance de fête règne lorsque les détenus, le personnel pénitentiaire et les gardiens se rassemblent, discutent et admirent les œuvres.
The Blue Boy, de « B », C Wing, 2023. Acrylique sur toile. Photographie : -Des peintures de Noel Gallagher, Phoebe Waller-Bridge, des colibris vibrants, des fleurs arc-en-ciel, des gravures de signes de paix, des croquis de papillons de nuit et d'abeilles envahissent les murs, style salon. Une toile inquiétante représente un...
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