Dans la première partie de votre ouvrage, vous racontez l’histoire spirituelle de l’humanité. Nos lointains ancêtres croyaient en des forces invisibles de la nature. Aujourd’hui, l’abattage d’arbres est monnaie courante. À quel moment a-t-on perdu ce lien avec la nature ?
On a vu trois périodes au cours desquelles ce lien s’est détérioré. D’abord, l’humain s’est sédentarisé, et par là, il a quitté la nature avec laquelle il avait l’habitude de communiquer et s’en est protégé. Ensuite, la Bible a apporté la révélation d’un Dieu transcendant extérieur à la nature qui invitait l’humain à la dominer. Enfin, René Descartes a expliqué que la nature n’est qu’une chose, tandis que l’homme est maître et possesseur de toute chose.
Mais vous mentionnez aussi un retour à ce lien, ce que vous appelez le “réenchantement du monde”.
Oui, aujourd’hui, on sent qu’une partie de plus en plus importante de la population cherche à recréer du lien avec la nature. C’est une écospiritualité qu’on est en train de retrouver après 15 000 ans de rupture. Elle est vitale, pour notre planète comme pour nous. On le voit bien : l’être humain qui se coupe complètement de la nature est malheureux. On a besoin de ce lien qui nous pacifie, qui nous ancre dans les écosystèmes. Le réenchantement, c’est considérer à nouveau que la nature est habitée, qu’elle est un être vivant, et qu’il faut la respecter. Ça peut sembler une évidence, mais on a été tellement marqués par cette idéologie de la supério...
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