«Poète, écrivain, parolier, musicien et vilain garçon», c'est ainsi que Benjamin Sophonie, décédé aujourd'hui à l'âge de 65 ans, s'est décrit sur son site Internet. Il est l'auteur de 30 livres de poésie, d'histoires pour adultes, adolescents et enfants, ainsi que de non-fiction, ainsi que de plusieurs pièces de théâtre. Ensuite, il y a eu son travail de musicien et parfois d'acteur. Mais dans ses mémoires La vie et les comptines de Benjamin Zephaniah, publiés pour célébrer son 60e anniversaire en 2018, il a cité l'une de ses plus grandes réalisations comme avoir atteint 30 ans « sans se faire tirer dessus ».
En effet, il est remarquable qu'un garçon qui a quitté l'école à 13 ans et a fini en prison soit devenu un trésor national, aimé pour sa poésie et ses performances irrévérencieuses mais souvent profondément sérieuses et politiques ; une telle figure de l'establishment (expression qu'il aurait détestée) que son travail fait partie du programme scolaire, il a animé un concert pour Nelson Mandela au Royal Albert Hall en 1996 et s'est vu proposer un OBE en 2003, qu'il a refusé avec caractéristique aplomb. «Pas question M. Blair, pas question Mme Queen. Je suis profon...
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