"Inévitable", le seuil de 1,5°C de réchauffement de la planète pourrait être franchi dans sept ans

LCI - 05/12
[VIDÉO] - Selon une étude des scientifiques du Global Carbon Project, le dépassement du seuil de +1,5°C est "inévitable". Il pourrait se produire d'ici seulement sept ans, 2023 ayant été une année record avec plus de 40 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ajoutées dans l'atmosphère. En 2022, ces scientifiques estimaient que ce niveau critique de hausse de 1,5°C serait effectif dans neuf ans.

Selon une étude des scientifiques du Global Carbon Project, le dépassement du seuil de +1,5°C est "inévitable".
Il pourrait se produire d'ici seulement sept ans, 2023 ayant été une année record avec plus de 40 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ajoutées dans l'atmosphère.
En 2022, ces scientifiques estimaient que ce niveau critique de hausse de 1,5°C serait effectif dans neuf ans.

Il est "désormais inévitable" que le seuil de 1,5°C de réchauffement de la planète soit dépassé "de manière constante sur plusieurs années" et il y a une chance sur deux pour que cela arrive dans seulement sept ans. L'alerte a été donnée dans une nouvelle étude des scientifiques du Global Carbon Project, présentée à la réunion de l'ONU sur le climat à Dubaï ce mardi 5 décembre.

En 2015, avec le traité de l'Accord de Paris, les dirigeants mondiaux s'étaient fixés comme objectif de ne pas dépasser le seuil de +1,5°C degré pour éviter des vagues de chaleur à répétition et des changements profonds, voire irréversibles, infligés à la nature par l'action humaine. "Les dirigeants réunis à la COP28 devront se mettre d'accord sur des réductions rapides des émissions de combustibles fossiles, même pour maintenir l'objectif de 2°C", souligne le climatologue britannique Pierre Friedlingstein, qui a supervisé l'étude impliquant 150 chercheurs du monde entier.

Or, "les mesures visant à réduire les émissions de carbone provenant des combustibles fossiles restent terriblement lentes", fustige le scientifique. "Le temps qui reste entre maintenant et le seuil de +1,5°C degré se réduit à toute vitesse, il faut agir maintenant", a-t-il ajouté. 

D'autant que les émissions de CO2 produites par l'utilisation du charbon, du gaz et du pétrole dans le monde pour se chauffer, s'éclairer ou rouler devraient en effet franchir un nouveau record en 2023, pour atteindre 40,9 milliards de tonnes. C'est quatre fois plus qu'en 1960, et la courbe des émissions, au lieu de se réduire, est sur un plateau sur dix ans, alertent les chercheurs. L'an dernier, ces scientifiques estimaient que ce niveau critique de hausse de 1,5°C serait effectif dans neuf ans.

Le charbon et le pétrole progressent

La déforestation, notamment au Brésil, en République démocratique du Congo et en Indonésie, joue un rôle mais il reste minime comparé à l'utilisation de combustibles fossiles et du ciment qui reste hors contrôle. Dans 26 pays, représentant 28% des émissions mondiales, il y a eu un effort de diminution des émissions liées aux énergies fossiles (-7,4% dans l'Union européenne, -3% aux États-Unis) mais ça ne suffit pas, constatent les chercheurs.

La reprise du transport aérien international a fait bondir les émissions de ce secteur de 28,2% cette année, après déjà deux années de rattrapage, souligne l'étude. Le charbon, premier pollueur, reste largement utilisé et les émissions qui lui sont liées devraient encore progresser cette année. Même chose avec le pétrole (32% des émissions mondiales contre 41% pour le charbon) dont les émissions devraient augmenter en 2023.

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Grande utilisatrice de centrales à charbon pour répondre à l'essor de la demande d'électricité, l'Inde est depuis 2022 le 3ᵉ plus gros émetteur au monde, loin derrière la Chine et les États-Unis, mais devant l'Union européenne. Ses émissions devraient augmenter de plus de 8% cette année par rapport à 2022, davantage qu'en Chine (+4%).

2024 se profile d'ores et déjà comme une année noire pour le réchauffement climatique, avec la montée en puissance du phénomène climatique El Niño au-dessus du Pacifique qui risque de faire souffrir la végétation, dont l'humanité a besoin pour absorber une partie des émissions de carbone.

F.R avec AFP

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