Punaises de lit : un insecticide interdit responsable d'intoxications et de décès, alerte l'Anses

LCI - 05/12
[VIDÉO] - Malgré son interdiction en 2013, le Sniper reste utilisé et peut encore s'acheter. Les intoxications se multiplient depuis 2018, avec 206 cas, et trois décès. Dans un rapport publié ce mardi 5 décembre, l'Anses met en garde et appelle à renforcer les contrôles.

Malgré son interdiction en 2013, le Sniper reste utilisé et peut encore s'acheter.
Les intoxications se multiplient depuis 2018, avec 206 cas, et trois décès.
Dans un rapport publié ce mardi 5 décembre, l'Anses met en garde et appelle à renforcer les contrôles.

206 intoxications entre le 1ᵉʳ janvier 2018 et le 30 juin 2023, et trois décès. Dans un rapport publié ce mardi 5 décembre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) met en garde contre les dangers du Sniper, un insecticide pourtant interdit pour les usages ménagers, mais qui reste utilisé contre des nuisibles comme les punaises de lit ou les cafards.

Malgré son interdiction en France en 2013 pour des usages ménagers, les centres antipoison "ont enregistré 170 événements en lien avec le produit Sniper 1000 EC DDVP" du 1ᵉʳ janvier 2018 au 30 juin 2023. "En tout, 206 personnes ont été exposées sur cette période", indique l'Anses. Si la plupart des cas sont bénis, "près de 10 % étaient de gravité moyenne et 5,5 % de gravité forte dont 3 décès (accidentels ou dus à une ingestion dans un but suicidaire)", ajoute l'Agence.

Un produit interdit, mais disponible via des "circuits illégaux"

En cause : le dichlorvos, une substance active de la famille des organophosphorés, classée mortelle par inhalation et toxique par contact avec la peau ou par ingestion. Elle peut notamment provoquer des symptômes respiratoires de type asthmatiformes, oculaires, des troubles neurologiques pouvant conduire à une perte de connaissance, une allergie cutanée...

Le dichlorvos, interdit donc depuis 2013, peut toujours s'acheter via des "circuits illégaux" comme sur des marchés et dans des bazars, en particulier dans le nord de Paris et en Seine-Saint-Denis et, "dans une moindre mesure", sur des plateformes de commerce électronique. Il peut aussi être rapporté de l'étranger (hors UE) ou donné par un tiers.

Les intoxications, en hausse selon l'Anses, sont à "mettre au regard de la recrudescence des infestations par les punaises de lit". 11% des ménages ont été infestés entre 2017 et 2022, estimait l'Anses en juillet. 

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire pour "homicide involontaire", "mise en danger de la vie d’autrui" et "vente non autorisée de produit dangereux" après la découverte de l'insecticide Sniper 1000 au domicile d'une personne âgée décédée, avait indiqué à l'AFP une source judiciaire fin novembre.

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Sur son site d'alerte aux produits dangereux, le gouvernement sensibilise les consommateurs depuis le 8 novembre au sujet des flacons de Sniper 1000 EC DDVP, demandant de ne plus les utiliser. Et l'un des distributeurs identifiés a fait un rappel volontaire, relayé sur le site RappelConso, ont précisé les autorités.

F.R avec AFP

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