La toute première COP s’est réunie en Allemagne, en 1995. Objectif : amener les gouvernements à agir ensemble contre le réchauffement climatique. Depuis, les présidences ont été partagées par toutes les régions du monde. Sans que personne ne semble réellement pousser à un accord sur la sortie des énergies fossiles. Et voici que l’heure a presque sonné d’ouvrir la COP28. Elle prendra ses quartiers à Dubaï, dans un pays qui doit tout aux combustibles fossiles. Comme chef d’orchestre, le sultan Al Jaber, un prince du pétrole. Alors comment croire que cette fois, les négociations aboutiront ?

au sommaire

    Cela vous intéressera aussi

    [EN VIDÉO] Le sultan Al Jaber, prince du pétrole, à la tête de la COP28 Le sultan Al Jaber vient d’être choisi pour présider la COP28. De quoi faire polémique...

    Ce jeudi 30 novembre 2023 s’ouvrira à Dubaï la 28e Conférence des parties signataires de la Convention-Cadre de l’Organisation des Nations unies sur les changements climatiques, celle que l’on nommera la COP28. Plus de 80 000 personnes y sont attendues et peut-être bien un nombre record de chefs d’État. Le Chinois Xi Jinping pourrait être de la partie. Et même le pape François. Comme chef d’orchestre, le sultan Al Jaber. Il est le P.-D.G. de la compagnie nationale pétrolière Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc). L’un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Et il y a un an, il plaidait pour inclure les énergies fossiles à la stratégie mondiale de lutte contre le réchauffement climatique anthropique.

    Voir aussi

    Un prince du pétrole va présider la COP28 : pourquoi ce choix ?

    Mais nous devions être rassurés. Car le sultan « visionnaire » était peut-être le mieux placé pour préparer « l’ère post-pétrole ». Confirmation avant même l’ouverture de la COP28 avec l’annonce faite en ce début de mois d’octobre par Adnoc du lancement d’un projet gazier offshore d’ampleur ! Sans sourciller, le futur président de la COP28 avance que le projet sera « le premier au monde » à opérer avec un objectif de « zéro émission nette ». Alexis Normand, CEO et co-fondateur de Greenly, un spécialiste du bilan carbone, nous précise l’idée. « Les pétroliers expliquent que tant que nos voitures rouleront au pétrole, il faudra qu’ils continuent de produire. Mais certains, comme Schlumberger et Saudi Aramco aussi, s’engagent à essayer de réduire les émissions à l’étape de l’extraction. Ça semble concret parce que selon eux, la moitié des émissions sur le cycle de vie complet d’un baril de pétrole est imputable à cette étape, à cause, notamment, du méthane qui est libéré dans l’opération. Ainsi, en améliorant l’efficacité de l’extraction, les pétroliers pourraient agir de manière importante sur les émissions. C’est le concept un peu étonnant de “decarbonnized oil extraction”. » Un concept qu’il con...
    [Courte citation de 8% de l'article original]