Les agressions d'élus ont augmenté de 15 % en 2023, selon une étude

LCI - 19/11
[VIDÉO] - Le ministère de l’Intérieur mise sur une nouvelle progression des agressions de maire sur l’année en cours. Celle-ci atteindrait 15% selon les estimations. Au total, 69% des maires interrogés par le Cevipof déclarent avoir déjà été victimes d'incivilités.

Le ministère de l’Intérieur mise sur une nouvelle progression des agressions de maire sur l’année en cours.
Celle-ci atteindrait 15% selon les estimations.
Au total, 69% des maires interrogés par le Cevipof déclarent avoir déjà été victimes d'incivilités.

Les maires restent la cible d'agressions et d'incivilités, toujours plus nombreuses. C'est ce qu'illustre une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) relayée ce dimanche dans Le Monde. Après une hausse de 32% des agressions en 2022, soit 2265 plaintes et signalements, le ministère de l'Intérieur table ainsi sur une nouvelle progression de 15% en 2023. Dans le détail, au 12 novembre 2023, on comptabilisait déjà 2387 atteintes aux élus, soit une estimation au-delà de 2600 atteintes fin 2023, contre 2265 en 2022. À noter que dans six cas sur dix, cela concerne des maires et dans près de huit cas sur dix des élus municipaux, aussi bien des maires que des conseillers municipaux. 

Si sept atteintes sur dix sont des menaces ou des outrages, la plupart des cas survenant dans le cadre d’échanges entre élus et administrés, les violences physiques, elles, ne sont pas en augmentation et restent minoritaires. Un pic au moment des violences urbaines, en particulier sur les atteintes aux biens publics.

Une hausse multifactorielle

Au total, 69% des maires interrogés par le Cevipof déclarent avoir déjà été victimes d'incivilités (+16 points par rapport à 2020), 39% avoir subi injures et insultes (+10 points) et 27% avoir été attaqués sur les réseaux sociaux (+7 points). À titre de repère, une cinquantaine d’élus font l’objet d’un suivi individuel quasi quotidien assuré par le Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (Calae) à ce jour. De même, plus de 2000 nouveaux élus inscrits au dispositif "Alarme élu" cette année.

Plusieurs facteurs permettraient d'expliquer cette hausse selon le gouvernement, à commencer par la "libération de la parole" sur ce sujet, à l’image de ce qui avait été fait sur le sujet des violences intrafamiliales. Depuis plusieurs mois, Dominique Faure, ministre déléguée aux Collectivités territoriales, et les forces de l’ordre appellent en effet les élus à porter plainte, quelle que soit la gravité de l’acte. Les événements nationaux cette année (retraites, violences urbaines, etc.), également vecteurs de violences, sont un autre facteur d'explication.

Les maires invoquent également la "trop forte exigence des citoyens" et les difficultés à concilier exercice du mandat et vie personnelle ou professionnelle. 

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Dans ce contexte, le rythme des démissions de maires a augmenté de 30% par rapport au mandat précédent, avec plus de 1.300 comptabilisées depuis 2020, chiffre révélateur d'une "fatigue républicaine".

A. LG avec AFP

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