Et si c'était l'heure du sacre pour Vanessa Kirby ? Révélée dans le rôle de la princesse Margaret dans la série The Crown, l'actrice britannique captive et surprend à chaque apparition, qu’elle incarne une jeune mère brisée dans Pieces of a Woman ou mène Tom Cruise par le bout du nez dans les derniers volets la saga Mission : Impossible. Pourtant, ce n’est pas elle qui devait jouer Joséphine dans le Napoléon de Ridley Scott, en salles le 22 novembre.
Au départ, le cinéaste avait choisi sa compatriote Jodie Comer, ravi de leur collaboration sur Le Dernier Duel. Le Covid est passé par là et c’est finalement Vanessa Kirby qui donne la réplique à Joaquin Phoenix dans ce biopic qui mêle le grand spectacle à l’intime. À quelques heures de l’avant-première mondiale du film, c'est au Musée de l'armée aux Invalides que la comédienne a raconté à TF1info l’un des challenges les plus passionnants de sa carrière…
Lorsque Ridley Scott vous a proposé le rôle de Joséphine, avez-vous soudain ressenti le poids de l’Histoire sur vos épaules ?
Absolument. C’est l’une des femmes les plus iconiques des derniers siècles et c’était fascinant d’aller à sa découverte parce qu’elle était connue à travers Napoléon. On parle toujours de Napoléon ET de Joséphine. Alors pouvoir explorer son personnage, c'était passionnant et j’étais incroyablement reconnaissante de pouvoir en apprendre davantage sur sa vie. Parce que si c’était une fiction, personne n’y croirait.
Sony Pictures FranceSi vous deviez présenter cette femme au public de 2023, que diriez-vous ?
Le truc principal que je dirais à propos de Joséphine, c’est qu’il s’agit d’une survivante. Et quelqu’un qui s’adapte de manière incroyable. J’ai lu beaucoup de livres très différents sur elle. J’en lisais un, je me faisais un avis sur sa personnalité. Et puis j’en lisais un autre et ma vision changeait du tout au tout. Je trouve que les témoignages à son sujet sont si contradictoires que j’ai réalisée qu’elle s’était sans doute comportée comme un caméléon. Qu’elle avait dû transformer son essence pour survivre dans le monde brutal et implacable qui était le sien. Je n’aime pas décrire un personnage comme énigmatique. Parce que ça veut dire qu’il est dur à lire. Mais je crois vraiment que c’est ce qu’elle était. Parce que je pense que c’est ce qui lui a permis d’exister en tant que femme dans un monde aussi masculin.
Vous dites que c’est une survivante. Est-ce pour autant une victime ?
Certains la présentent comme une femme qui avait des mœurs très légères, une femme qui avait beaucoup d’amants. Comme quelqu’un de peu recommandable, de faible et d’impulsif. Mais moi ça ne m’intéressait pas. Je la vois d’abord comme une survivante, mais pas au sens où elle serait une victime, non. Parce que pour moi, c'était quelqu’un qui avait une certaine dignité vis-à-vis des violences dont elle faisait l’objet.
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Avec Napoléon, c'est une histoire d’amour… particulière, non ?
C’est une relation très étrange. Elle n’est pas conventionnelle du tout. Ça ne ressemble pas à de l’amour mais à de l’obsession, je trouve. À une drogue. On peut le lire dans les lettres qu’il lui adresse. Elles sont tellement sentimentales, tellement romantiques. Il est épris d’elle. Et dès qu’il découvre qu’elle est infidèle et qu’elle a une liaison avec un homme plus jeune (le capitaine Louis Hippolyte Charles, ndlr), il change complètement. Il la jette. Et elle doit supplier qu’il la reprenne. Dès lors, elle fait tout son possible pour être la femme parfaite, ce qu’elle n’était pas.
Elle a été contrainte de se renier ?
C’était une femme sensuelle qui venait de la Martinique, qui a eu un premier mari, Alexandre de Beauharnais, exécuté durant la Terreu...
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