Du jamais-vu depuis plus de vingt ans. Le fleuve côtier de l'Aa a été placé en vigilance rouge dès lundi soir, suivi de la rivière Liane mardi matin, après des averses ayant pris un caractère orageux plus intense que prévu dans la nuit de lundi à mardi. Vigicrues, le service d'information sur les risques de crues des principaux cours d'eau en France, qualifie d'"exceptionnelles" celles de mardi, alors qu'un épisode de cette ampleur survient en moyenne une fois tous les 100 ans.
De son côté, le syndicat mixte pour l'aménagement et la gestion des eaux de l'Aa, indique sur son site que le record "historique de mars 2002" est dépassé. À titre de repère, ce lundi en début d'après-midi, à la station de Wizernes, le niveau de l'eau record atteint en 2002 était dépassé de dix centimètres. Mais que s'était-il passé il y a vingt-et-un ans ?
Le 1er mars 2002, d'intenses intempéries avaient occasionné une crue inédite du bassin de l'Aa, soit 120 kilomètres de cours d’eau en amont du marais de Saint-Omer. Restée dans les mémoires, cette dernière avait noyé plusieurs secteurs de la basse vallée de l'Aa avec jusqu’à un mètre d’eau relevé dans certaines rues.
Au total, ce sont plus de 1200 logements qui avaient été touchés avec jusqu'à parfois 1,50 mètre d'eau à l'intérieur. À Blendecques, près de 700 maisons avaient été inondées, et une centaine à Wizernes.
Les dégâts occasionnés à l'époque, et incluant notamment les logements, les voitures ou encore les entreprises, ont depuis été chiffrés à 40 millions d’euros.
C'est à la suite de cette catastrophe naturelle et à la demande du préfet que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ont décidé de s'unir en vue d'une politique de prévention commune. Pour prendre des mesures à grande échelle, le syndicat mixte d’aménagement et de gestion des eaux (SMAGE) de l’Aa a notamment été créé fin 2003. Son rôle : prévenir les inondations, sécuriser la ressource en eau, gérer et préserver les milieux humides et aquatiques du fond de vallée. À ce titre, des aménagements importants avaient été entrepris pour éviter que de futures crues n'engendrent des dégâts aussi considérables qu'en 2002.
Cet épisode inédit n'a pas quitté les esprits ces vingt dernières années. En témoignent les comparaisons et récits d'habitants et d'élus relayés depuis ce lundi 6 novembre. Sur les réseaux sociaux, la police municipale de Blendecques souligne ainsi que la commune "est confrontée à une crue exceptionnelle, dépassant nettement celle de 2002".
"En 2002, on s’était dit que c’était exceptionnel. On ne pensait plus revivre ça avec tous les travaux et les investissements. Reprendre une deuxième salve, ça fait très mal", a notamment réagi auprès de France 3 régions Vincent Macquignon, adjoint au maire de Blendecques. "Je pense qu’on va subir plus qu’en 2002, poursuit l'élu. Malgré les efforts des travaux, ça ne suffit pas. Avant de conclure. L’eau, on ne l’arrête pas", poursuit-il. Une habitante abonde : "Personne n’a oublié. Ici, c’était Venise".
"Il ne voulait pas sortir (...) c'est sa maison", explique un autre à l'AFP au sujet de son parrain qui, en 2002, déjà, était resté si longtemps qu'il avait dû être évacué par la fenêtre. Chez ce dernier, l'eau est montée à 27 centimètres dans la cuisine.
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