Ces trois dernières années, les attaques d’orques contre les navires, de plus en plus nombreuses, ont fait du cétacé une star des médias. Les théories se multiplient sur les raisons de ces comportements, et une question se pose : leur intelligence, déjà remarquable, serait-elle en train d’évoluer ? Voici quelques éléments de réponse avec le spécialiste, Paul Tixier.

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    Depuis toujours les orques fascinent mais, depuis 2020, elles inquiètent. En cause : plus de 500 interactions recensées avec des navires, et plus particulièrement les voiliers, au large de Gibraltar. Le modus operandi reste généralement le même : un groupe de cétacés approche un bateau, le pousse pendant de longues minutes, mordant certaines parties du bateau. Jusqu'à présent, aucun mort ni blessé n'est à déplorer, mais l'image excite tout de même l'imagination. 

    D'ailleurs, les théories vont bon train, les médias n'hésitant pas à parler d'attaques. Un des motifs invoqués : la vengeance contre les activités humaines qui dégradent les milieux marins. De là à dire que ces comportements sont dus à une évolution de l'intelligenceintelligence des orques, il n'y a qu'un pas, que certains n'hésitent pas à franchir.

    Comprendre les interactions des orques et des navires

    Avant de répondre à cette question, il faut déjà comprendre le pourquoi de ces comportements. Aujourd'hui, l'hypothèse privilégiée est celle... du jeu ! Paul Tixier, chargé de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et spécialiste reconnu des orques et des cachalots est catégorique : « La vengeance est un concept qui n'existe pas chez les animaux. Les orques n'ont pas de raison de se venger d'actes passés. Leur but principal est de chasser, se reproduire et s'amuser ! ». D'ailleurs, si cette maniemanie est nouvelle, il y a des précédents comparables : « Dans les années 2000, certaines orques s'amusaient avec les casiers de pêche. Elles avaient trouvé ça drôle, et d'autres individus ont reproduit leurs comportements », comportements qui n'ont ensuite plus été observées par la suite. 

    Pas de chance : le nouveau joujou des orques est le safransafran, une partie du gouvernail que les cétacés poussent, mordent, jusqu'à ce qu'il s'arrache... ce qui ne les empêche pas de continuer à s'amuser avec, loin du bateau. Si ce jeu s'est étendu pour dépasser les frontières du golfe de Gibraltar, c'est tout simplement parce que l'apprentissage fait partie intégrante du mode de fonctionnement des orques qui imitent leurs comparses. Elles n'ont donc rien d'agressif. Reste que les conséquences de leur passe-temps sont tout de même graves, rappelle Paul Tixier, puisque cela peut mener des bateaux à couler ...
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