Tempête Ciarán : pourquoi parle-t-on de "bombe météorologique" ?

LCI - 31/10
[VIDÉO] - L'arrivée de la tempête Ciarán devrait voir des rafales pouvant atteindre les 170 km/h déferler sur les côtes françaises dans la nuit du 1er au 2 novembre. Un événement souvent qualifié de "bombe météorologique". On vous explique à quoi cela correspond.

L'arrivée de la tempête Ciarán devrait voir des rafales pouvant atteindre les 170 km/h déferler sur les côtes françaises dans la nuit du 1er au 2 novembre.
Un événement souvent qualifié de "bombe météorologique".
On vous explique à quoi cela correspond.

Des pointes de vent à 170 km/h, des départements sous vigilance, des "phénomènes dangereux" prévus... alors que la tempête Ciarán s'approche des côtes françaises, les prévisions concernant cet incident météorologique se sont aggravées. Le terme de "bombe météorologique" a même été utilisé pour qualifier cette tempête. Mais ce terme qui peut paraitre inquiétant désigne surtout une situation bien précise et plutôt commune pour les services météorologiques.

Une dépression qui se renforce rapidement

Ce terme est utilisé pour désigner une dépression qui "se creuse" rapidement, c'est-à-dire qui a un développement rapide, suite à la rencontre d'air froid avec une masse d'air plus chaud, entraînant une importante baisse de la pression atmosphérique. Plus précisément, le prévisionniste François Gourand, de Météo-France, explique qu'un événement météorologique est qualifié comme tel lorsque "la dépression se creuse de plus de 24 hectopascals en 24 heures", explique le spécialiste. "En gros, on dépasse un hectopascal par heure pendant au moins 24 heures".

"Effectivement, la dépression Ciarán a l'air de remplir ces critères-là, avec une trentaine d'hectopascals de renforcement entre mercredi matin et jeudi matin lors de son approche et de son arrivée en Europe de l'Ouest", reconnait le météorologue. Ce type de phénomène est à l'origine d'autres phénomènes météorologiques, à l'instar des tempêtes historiques qu'ont été les tempêtes Lothar en 1999 ou Xynthia en 2001.

Néanmoins, le fait de qualifier un événement de "bombe météorologique" n'annonce pas automatiquement des vents puissants. "Cet aspect bombe météorologique nous renseigne sur la rapidité d'intensification du phénomène, mais pas tellement sur l'intensité elle-même pure du phénomène, donc il faut quand même se méfier", précise effectivement François Gourand. "Même si en général, vu que ce sont des renforcements importants, ça fait des dépressions qui sont très creuses et donc qui ont des vents forts et violents associés", ajoute-t-il. C'est le cas de la tempête Ciarán puisque des pointes allant de 150 à 170 km/h sont prévus, notamment sur le littoral du Finistère, des Côtes-d'Armor et du Cotentin.

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Par ailleurs, si le terme, technique, n'est pas utilisé dans la vie de tout un chacun, il désigne un phénomène que les météorologues ont l'habitude d'observer. "On en observe assez régulièrement", confirme François Gourand. "Alors, peut-être pas tous les ans sur notre pays, mais sur l'océan Atlantique, c'est un phénomène assez courant. Il y a des bombes météorologiques, qui souvent, restent en mer, ou concernent d'autres pays que la France", précise-t-il. Ce ne sera pas le cas de la tempête Ciarán qui, en plus du Royaume-Uni, de l'Irlande et de la péninsule ibérique, frappera bien les côtes françaises dès le 1er novembre.

Aurélie LOEK

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